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J.Bosch : « Je n'ai jamais rompu le lien avec l'école »

ENSEIGNEMENT / Spécialiste de la filière laitière au sein de La Coopération agricole, Jérémie Bosch vient d'être élu président de VetAgro Sup, l'un des plus prestigieux campus qui forme les agronomes et les vétérinaires de demain.

Par Propos recueillis par Sophie Chatenet
J.Bosch : « Je n'ai jamais rompu le lien avec l'école »
Jérémie Bosch succède à Jean-Yves Parisot à la présidence de Vetagro Sup.

Pouvez-vous vous présenter, et nous dire quel a été votre parcours avant d’arriver à la présidence de VetAgro Sup ?
Jérémy Bosch : « Je suis originaire du nord du Lot, de Saint-Céré exactement. Mes grands-parents étaient pluriactifs avec une activité dans l'agricole. J'ai toujours aimé ce milieu. Après un BTS spécialisé dans les analyses de laboratoire, j'ai suivi une prépa pour intégrer, en 2009, l'Enita, l'école d'agronomie située à Lempdes, qui est devenue par la suite VetAgro Sup. Une fois diplômé, j'ai travaillé pour une Caritas, une organisation non gouvernementale. Ma mission a consisté à déployer un réseau de fermes de référence en Bosnie, dans la perspective de l'entrée du pays dans l'Union européenne. J'ai ensuite travaillé comme chargé de mission dédié aux filières locales à la chambre d'agriculture de l'Isère. Mon travail m'a conduit à nouer des liens avec de nombreuses coopératives. J'ai d'emblée été séduit par ce modèle. »

C'est ainsi que vous avez rejoint le réseau de La Coopération agricole en 2012 ?
J.B. : « En 2012, j'ai effectivement intégré la structure Coop de France Auvergne-Rhône-Alpes comme animateur des filières lait et viande, avec pour principale mission le rapprochement entre les entités des deux anciennes régions Auvergne et Rhône-Alpes. La structuration du réseau, l'appui aux coopératives, la participation à la vitalité des filières, en lien étroit avec les élus, ont été le socle de mon travail. Aujourd'hui, je suis délégué régional lait au sein de La Coopération agricole laitière et responsable des filières de montagne à l’échelle nationale pour les coopératives laitières en lien avec l’interprofession laitière nationale. »

Vous avez été élu récemment président de VetAgro Sup, qui dispose de deux sites, l'un à Lempdes dans le Puy-de-Dôme axé sur l'agronomie, et le second à Marcy-l'Étoile dans le Rhône, qui forme les vétérinaires. Comment envisagez-vous cette nouvelle mission ?
J.B. : « Depuis la fin de mes études, je n'ai jamais rompu le lien avec l'école. Pour moi, il était important de recruter régulièrement des apprentis, des stagiaires pour être aidant à mon niveau. La connexion entre l'enseignement et les filières agricoles est essentielle. Le pire qui pourrait arriver, alors que les défis agricoles sont colossaux, serait de se trouver face à des étudiants confrontés à des savoirs complètement hors-sol par rapport à la réalité des filières. »

Votre ambition est donc de raccrocher les wagons entre la théorie et la pratique ? 
J.B. : « J'ai intégré le conseil d'administration de VetAgro Sup à l'automne 2025. Les membres de ce conseil m'ont demandé de prendre la présidence. À mon humble niveau, effectivement, je veux porter un projet dans lequel l'établissement est en lien régulier avec l'écosystème scientifique, technique, économique des filières agricoles et agroalimentaires. L'établissement a un rôle à jouer pour décloisonner les travaux entre recherche, enseignement et filière. C'est dans cet esprit que des experts du Cniel sont intervenus récemment auprès des étudiants. »

Que diriez-vous à un jeune pour le convaincre de choisir un cursus agricole dispensé au sein de VetAgro Sup ?
J.B. : « Aujourd'hui, on parle beaucoup de métiers qui ont du sens. Eh bien, en rejoignant une formation en lien avec l'agriculture, nous apportons la preuve de ce sens-là. Dans l'acte de produire pour nourrir, on touche un besoin fondamental, qui par nature est essentiel. Je suis persuadé que de plus en plus de jeunes sont sensibles à ces sujets. Les enjeux devant nous sont énormes : la structuration économique des filières de l’élevage, l’adaptation au changement climatique, les défis sanitaires, le rôle socio-économique des filières dans les territoires, ainsi que les interactions entre alimentation, santé publique et santé globale. Nous avons besoin de jeunes talents pour relever ces défis. Dans un secteur en mutation, notre responsabilité est de former des ingénieurs et des vétérinaires ancrés sur le terrain. Je veillerai particulièrement à ce que notre établissement puisse être visible, lisible et attractif. Je tâcherai de m’inscrire aux côtés de la direction dans une dynamique de cohésion interne, de visibilité externe et de positionner notre établissement comme un acteur clé au cœur des enjeux du vivant. »

Propos recueillis par Sophie Chatenet