« L’agriculture du milieu » majoritaire en France
ÉTUDE / Trop petites pour être compétitives à l’export, trop grandes et génériques pour les circuits courts : 72 % des fermes françaises se situent dans « l’agriculture du milieu », selon une récente étude.
Une « agriculture du milieu » existe bien en France. Venue des États-Unis, cette définition recouvre des exploitations « trop petites pour être compétitives sur les marchés de matières premières, et trop grandes et trop génériques pour vendre sur les marchés de vente directe ». En France, sept exploitations agricoles sur dix correspondent à ces critères. Telle est la conclusion d’une étude publiée en décembre par le Centre d’études et de prospective (ministère de l’Agriculture). Les auteurs de la Draaf Auvergne-Rhône-Alpes et de VetAgro Sup proposent une typologie de 325 000 exploitations (sur les 395 000 recensées en France). Huit profils de projet d’agriculture en ressortent. L’originalité de cette typologie est qu’elle distingue les fermes selon leur stratégie de valorisation économique des activités, leurs caractéristiques managériales, en plus de leur orientation technico-économique et de leur taille. 72 % des fermes ont ainsi « une démarche d’entrepreneuriat collectif, au sein de filières agroalimentaires auxquelles elles fournissent des matières premières agricoles ». Leurs profils correspondent à ce que les auteurs rattachent à une « agriculture du milieu ». Elles regroupent notamment des exploitations engagées dans des filières longues en élevage, grandes cultures et viticulture. De taille petite à moyenne, leur point commun est de « rechercher l’avantage concurrentiel par la baisse des coûts ». Un sous-type se détache toutefois, en étant un peu plus souvent en bio, avec un peu de transformation et de ventes en circuit court. Plusieurs explications à cela : l’étroitesse du marché foncier, qui contraint leur velléité d’agrandissement ; la présence d’exploitants hors cadre familial, plus enclins à développer des projets individuels.
Vente directe ou agriculture de firme
Cette « agriculture du milieu » est positionnée entre deux autres logiques entrepreneuriales. D’un côté, de très petites structures de production (9 %), qui maximisent la valorisation de leurs produits différenciés en vente directe. Il s’agit de petits entrepreneurs néoruraux tournés complètement vers les circuits courts, la bio et la transformation. De l’autre, l’agriculture de firme (18 %) : soit de grandes exploitations recourant au salariat, engagées dans une stratégie compétitivité hors coûts en viticulture de caveau notamment ; soit de grandes exploitations céréalières ou porcines qui produisent des matières premières et des services agricoles dans une logique de compétitivité-coûts. Important : l’étude ne montre « pas d’écarts de performance économique et financière significatifs entre les différents profils ».
J-C. D.