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Pont-de-Beauvoisin

La FDSEA et les JA dénoncent les marges de la grande distribution

La FDSEA et les JA dénoncent les marges de la grande distribution

C'est un Leclerc flambant neuf qui devait être inauguré en présence de Michel-Edouard Leclerc le 5 février à Pont-de-Beauvoisin. A l'initiative de Richard Duvert, de la FDSEA de l'Isère, et de Sébastien Poncet, des Jeunes agriculteurs, un groupe d'exploitants agricoles s'était donné rendez-vous pour rencontrer le dirigeant et dénoncer la répartitition des marges de la grande distribution, qui « telle qu'elle est réalisée aujourd'hui, ne permet plus aux producteurs d'être rémunérés correctement ». Michel-Edouard Leclerc n'est finalement pas venu, mais les agriculteurs ont pu échanger avec le gérant du magasin et les responsables de la centrale d'achat régionale Socara. Ils n'en ressortent pas moins désabusés par ce « dialogue de sourds ». La grande distribution rejette la responsabilité sur les industriels, quand ces derniers renvoient la faute sur la grande distribution. Bref, les absents ont toujours torts, et les agriculteurs ont le sentiment d'être les « dindons de la farce ».

Une distribution de tracts aux clients de la grande surface a été réalisée, afin de leur indiquer les sommes touchées par les différents maillons de la chaîne pour les produits de base.

 

Isabelle Brenguier

Les limites des négociations commerciales sont atteintes

Pour l'Association des industries agroalimentaires (Ania), les négociations commerciales 2015, qui se sont achevées le 28 février, ont montré « un système à bout de souffle qui accroît le déséquilibre des forces entre la grande distribution et ses fournisseurs ». « Nul ne conteste l'épuisement de système actuel. Tous les acteurs semblent d'ailleurs avoir reconnu les ravages de la guerre des prix que dénonce depuis plusieurs mois l'Ania », a déclaré cette dernière dans un communiqué du 9 mars. Depuis les rapprochements successifs des enseignes, « quatre grandes centrales concentrent désormais 93% des achats. Il n'est plus rare qu'un seul client puisse représenter plus de 25% du chiffre d'affaires annuel d'un fournisseur », souligne-t-elle, pointant « ce niveau de concentration inédit ». À un moment où « ces situations de dépendance économique continuent de favoriser les mauvaises pratiques », la nouvelle réalité économique « impose de repenser le cadre des relations commerciales, de repenser le rapport que chaque acteur de la filière entretient avec l'autre, de remettre de la valeur au cœur du système ».
Source : Agrapresse