La FNPL propose un juste retour de la valeur au producteur
Pour Thierry Roquefeuil, président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), « le lait reste au cœur des débats » de ces États généraux de l'alimentation et notamment de l'atelier 5 concernant le retour de la valeur au producteur. Le syndicat a fait ses propositions le 19 septembre en conférence de presse. Tout d'abord, il s'agirait d'utiliser le marché intérieur, plutôt rémunérateur, comme stabilisateur de prix face à la volatilité des marchés mondiaux des produits laitiers. « Dans le cadre de l'interprofession, nous pourrions caractériser ce marché intérieur avec des indicateurs pour pouvoir s'y référer dans le cadre des négociations commerciales », a souligné Marie-Thérèse Bonneau, vice-présidente du syndicat. Pour André Bonnard, secrétaire général de la FNPL, des indicateurs existeraient déjà et seraient facilement utilisables.
Chercher de la valeur sur le marché intérieur
En France, ce marché intérieur représente au moins 50 % des ventes des industriels laitiers. Avec les démarches qualité et autres appellations d'origine, ce marché reste rémunérateur. En s'approvisionnant en lait uniquement sur le marché français, les industriels pourraient retourner plus de valeur aux producteurs, à travers une amélioration de la fameuse paye de lait. Les indicateurs voulus par le syndicat aideraient à orienter ce prix payé au producteur. Mais pour l'heure, les industriels ne sont pas unanimes sur cette proposition, rapporte André Bonnard, citant Nestlé et Bell « plutôt pour » et Danone et Lactalis « plutôt contre ». La FNPL propose également de revoir les relations commerciales entre producteurs et industriels, en transformant les « conditions générales d'achat » des industriels en « conditions générales de vente »(CGV) définies par les producteurs. Cette évolution des relations se répercutera irrémédiablement sur les contrats entre distributeurs et industriels, « par effet de cascade », selon Marie-Thérèse Bonneau. Un effet bénéfique, notamment dans les clauses de renégociations du prix qui, bien qu'obligatoires, sont aujourd'hui inappliquées pour la FNPL.
Un compromis insatisfaisant pour les producteurs
À la clef, se posera la question des organisations de producteurs commerciales (OPC) qui pour l'instant n'existent pas en France. Ces dernières permettraient de donner encore plus de poids sur le plan commercial aux producteurs face aux industriels. « La situation d'aujourd'hui est délicate seulement pour nous, les producteurs. Nous devons donc être une locomotive pour proposer autre chose », a souligné Marie-Thérèse Bonneau. Les négociations continuent toujours au sein des ateliers, ce qui explique pourquoi les propositions de la FNPL semblent encore à affiner. Comme le décrit Marie-Thérèse Bonneau, « nous sommes déjà dans une forme de compromis, même si celui-ci n'est pas durable, car c'est un compromis qui ne convient pas aux producteurs ».
Pour la FNPL, le compte n'y est pas
Sur ce graphique, le prix théorique reprend une formule de prix construite par la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) (60 % prix du marché intérieur, 20 % prix beurre-poudre et 20 % produits laitiers export). Les autres prix concernent des prix calculés par FranceAgriMer, toutes qualités confondues et pour un lait de type 38-32 (matière grasse-matière protéique). Par ce graphique, la FNPL s'interroge sur l'écart de prix qui se creuse avec les années entre le prix espéré par le marché (prix théorique) et le prix payé au producteur. « Certains prennent de mauvaises habitudes », a dit Thierry Roquefeuil, président de la FNPL, en commentant la fin des courbes qui, à l'inverse de 2014 (conjoncture bonne), ne semblent pas se rejoindre malgré l'amélioration de conjoncture de 2017.