Le doggy bag, c'est pas pour les chiens!
2014 : année de la lutte contre le gaspillage alimentaire... A la maison, accommoder les restes plutôt que jeter, c'est possible. Mais au restaurant, comment faire pour ne pas passer pour un pingre ? Si la pratique du « doggy bag » est répandue chez les Anglo-Saxons, en France, le « sac à emporter », promu depuis peu par le service alimentation du ministère de l'agriculture, reste discret. Les mentalités peuvent-elles évoluer ? Sans doute. Les pouvoirs publics ont en tout cas rédigé un Pacte national en ce sens. Objectif : diviser par deux le gaspillage alimentaire d'ici 2025. Les représentants de la restauration collective et commerciale signataires de ce Pacte sont invités à développer l'usage du « sac à emporter » pour les portions non consommées. Les clients oseront-ils en faire la demande ?
Gourmet bag
En Rhône-Alpes, où l'on a le coup de fourchette gourmand, la DRAAF a lancé une campagne de promotion du "doggy bag", que l'on a rebaptisé "gourmet bag". Elisabeth Manzon, chef de projet alimentation à la DRAAF Rhône-Alpes, fait remarquer que la demande existe du côté des consommateurs, mais que les restaurateurs ne sont pas sans pointer du doigt leur responsabilité en cas d'intoxication. « Pour les rassurer, nous avons rédigé une note qui précise qu'ils ne sont plus responsables dès que la nourriture quitte le restaurant », affirme Elisabeth Manzon.
De jeunes entrepreneurs lyonnais ont fait preuve d'ingéniosité en lançant leur propre "box", une petite boîte hexagonale munie d'une poignée permettant d'emporter ses restes discrètement. Lancée il y a trois semaines, cette box "Take Away" a déjà fait quelques émules dans la capitale de la gastronomie française.
Boîte recyclable
A Annecy, l'entreprise "Trop bon pour gaspiller" se veut plus verte, avec des boxes au design basique mais dont le revêtement, en cellulose, permet à la boîte d'être compostable, tout en assurant l'étanchéité du produit. Une commercialisation est prévue « début novembre », auprès des collectivités locales et des restaurants. « Plutôt des restaurants haut de gamme. On a même été contactés par un hôtel 4 étoiles et un restaurant parisien », affirme Rabaïa Calvayrac, responsable commerciale de l'entreprise qu'elle a créée avec son mari.
Comme pour TakeAway, il en coûtera un peu plus d'un euro par boîte au restaurateur intéressé : un tarif élevé qu'espèrent faire baisser les entreprises à mesure que les quantités augmenteront. Si les clients s'y mettent.
Avec AFP