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Roybon

Le dossier Center Parcs revient devant le juge

Après les manifestations qui ont vu se succéder les "contre" et les "pour" "Center Parcs de Roybon le week-end dernier, le tribunal administratif de Grenoble, saisi par les opposants, se prononcera vendredi sur la poursuite ou non des travaux démarrés en octobre.
Le dossier Center Parcs revient devant le juge

La parole à la justice. Après les défilés pour et contre le Center Parcs de Roybon (Isère), c'est au tribunal administratif de Grenoble de décider vendredi de suspendre, ou non, les travaux de défrichement, prolongeant ainsi un marathon judiciaire entamé il y a sept ans.
Saisi par trois associations, le juge des référés n'aura pas à se prononcer sur la pertinence de ce projet de village vacances aux mille cottages avec bulle tropicale, sur 200 hectares au coeur de la forêt de Chambaran. Il devra simplement déterminer la légalité de deux arrêtés pris par le préfet de l'Isère, les 3 et 16 octobre, qui ont fait office de feu vert au démarrage des travaux. L'un autorise le projet au titre de la loi sur l'eau tandis que l'autre permet la destruction d'espèces protégées ou de leur habitat (amphibiens, reptiles, écureuils, écrevisses à pieds blancs, etc).

Une commission d'enquête unanimement défavorable

Les opposants comptent s'appuyer sur les conclusions de la commission d'enquête publique au titre de la loi sur l'eau, qui a rendu en juillet un avis unanimement défavorable au projet en citant douze points rédhibitoires, parmi lesquels l'impact du projet sur les zones humides, l'insuffisance des mesures compensatoires ou les incidences sur les risques de crues.
Un tel rapport « totalement défavorable », « c'est rare », a estimé lundi l'ex-ministre de l'Environnement Corinne Lepage, présidente de Cap 21, en appelant à « revoir les choses de manière beaucoup plus approfondie ». « C'est la première fois que je vois une enquête publique défavorable et un préfet qui, malgré tout, s'assoit dessus », abonde Christian Brély, président de la Fédération de pêche de la Drôme qui a déposé un recours au tribunal.
La préfecture fait, elle, valoir que le groupe Pierre & Vacances a amélioré son projet et répondu à toutes les critiques de la commission d'enquête, par exemple « en proposant la renaturation et l'amélioration de zones humides dégradées sur une surface de 152 hectares ». Elle estime que « le public a été très largement consulté sur ce projet » car « cinq enquêtes publiques ont été organisées depuis 2009, au cours desquelles il a pu largement s'exprimer ».

Une forêt château d'eau

Les opposants attaquent en outre un manque de motivation des arrêtés préfectoraux, un non-respect, selon eux, de la procédure de consultation du conseil national de la protection de la nature (CNPN), une absence d'« intérêt public majeur » du projet, ou un défaut de recherche de lieux alternatifs d'implantation.
« On n'est pas contre l'implantation d'un Center Parcs en Isère sauf que le lieu a été bien mal choisi: c'est le château d'eau de la Drôme, une forêt magnifique », fait valoir Christian Brély.
Confiant dans ses chances de succès, Eric Posak, avocat de l'association Pour les Chambaran Sans Center Parcs (PCSCP), estime qu'une suspension des travaux apporterait « un apaisement » après les tensions des dernières semaines, avivées par l'arrivée de militants "zadistes" sur le site. « Cela permettrait de réexaminer le dossier posément », juge-t-il.
Lancé en 2007, le projet a déjà fait l'objet de nombreux recours, parfois jusqu'au Conseil d'Etat, visant le permis de construire, l'autorisation de défrichement ou le plan local d'urbanisme.

 

Source : AFP

 

 Voir aussi le center parc en chiffres