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Grenoble

Les agriculteurs manifestent contre l'implantation d'une aire d'accueil pour les gens du voyage à Murianette

Ayant appris la réquisition de terrains agricoles par arrêté préfectoral, agriculteurs et habitants de Murianette s'opposent à l'accueil temporaire de gens du voyage.
Les agriculteurs manifestent contre l'implantation d'une aire d'accueil pour les gens du voyage à Murianette

Près de 70 agriculteurs et habitants ont manifesté vendredi 20 mai aux abords de la préfecture de Grenoble pour refuser l'installation temporaire de quelque 300 caravanes sur un terrain agricole réquisitionné vendredi dernier par le préfet. Sur le fond, les agriculteurs assurent qu'ils n'ont rien contre la venue des gens du voyage. Ils dénoncent en revanche le fait que la puissance publique les installe « encore sur des terres agricoles », en limite d'une importante zone maraîchère. Elisabeth Perrot, maraîchère et présidente de l'association de défense des agriculteurs et des terres de Gières, Murianette et Domène, s'interroge : « Pourquoi ne prend-on pas des terres ailleurs ? A Murianette, la Métro veut investir 300 000 euros pour aménager le terrain en attendant que l'aire d'accueil sur le site du pont barrage, sur l'Isère, soit prête. Mais qui peut croire que l'on investisse 300 000 euros d'argent public pour du provisoire ? »

Les terrains menacés de réquisition devaient accueillir des chevaux.Le terrain réquisitionné à Murianette.  
Samedi dernier, pour marquer leur désapprobation, les agriculteurs avaient déjà manifesté à Murianette et symboliquement tracé « deux raies de charrue » sur la parcelle ayant fait l'objet de la réquisition par arrêté préfectoral. « Il ne s'agissait pas de rendre le terrain inutilisable, mais de démontrer qu'il n'était pas adapté car boueux et absolument pas équipé », soutient Elisabeth Perrot. Cultivée par une jeune agricultrice, la parcelle en question venait d'être remise en herbe dans la perspective d'y faire pâturer des chevaux. Elle fait partie d'une superficie de quatre hectares, propriété de Grenoble Alpes Métropole, que l'agglo a mis à disposition de deux agricultrices de la commune l'an dernier après avoir passé avec elles « une convention à durée indéterminée », précise Bernard Navet, juriste à la FDSEA.

Hypothèses

Le problème, c'est qu'en attendant la création (définitive) de l'aire de grand passage du Fontanil imposé par le Schéma départemental d'accueil des gens du voyage (SDAGV), la Métro devait trouver une solution provisoire. Après avoir « examiné diverses hypothèses », le choix de Grenoble Alpes Métropole (GAM) s'est porté sur Murianette. Annoncée au début de l'année, la décision a provoqué une levée de bouclier dans la commune en février et abouti à la création de l'association présidée par Elisabeth Perrot (une quarantaine d'adhérents à ce jour). De fait, le président de la Métro a beau jeu d'expliquer par voie de communiqué pourquoi la Métro n'a pas « entrepris la création d'une aire dont le caractère temporaire ne pouvait être garanti », tout en prenant « acte de la décision de la Préfecture de l'Isère de réquisitionner un terrain appartenant à la Métropole » dans la commune de Murianette : il n'a lui même pas répondu aux courriers que lui ont adressés les présidents de la chambre d'agriculture et de la FDSEA.

Marianne Boilève