Les associations pro loup attaquent
« On s'y attendait », déclare Baptiste Blanc, référent JA du comité départemental loup. Le 24 mai dernier, le tribunal administratif de Grenoble a annulé l'arrêté pris par le préfet de l'Isère le 19 août 2016 qui ordonnait « une opération de tirs de prélèvements renforcés de trois loups en vue de la protection domestique des troupeaux sur les zones du du Trièves / zone des Balcons est du Vercors et du Jocou. » Le principal motif d'annulation est que « l'arrêté attaqué a été édicté sans mise en œuvre de tirs de défense préalables ». Les éleveurs isérois savaient que la décision du tribunal administratif irait à l'encontre des positions qu'ils défendent pour ne plus subir la pression du loup sur leurs troupeaux, notamment au moment de la montée en alpage. « De toute façon, cet arrêté n'avait plus de validité, pousuit Baptiste Blanc. On apprend de ses erreurs. Les prochains arrêtés seront plus difficilement attaquables. »
Ce qui agace le plus les professionnels agricoles, ce sont les 1 200 euros que l'Etat est condamné à verser à chacune des associations One Voice, Ferus et à l'association pour la protection des animaux sauvages (Apas). « J'ai l'impression que les associations écologistes ne font que du juridique. Elles ne sont jamais sur le terrain, ont le nez sur le journal officiel et attaquent tout ce qu'elles peuvent, constate l'éleveur du Vercors. Elles se disent défenseurs de la nature sans en connaître les équilibres. Aujourd'hui, c'est à nous de nous améliorer pour nous défendre sur le plan juridique. »
Pas question de diviser la profession
Cette décision intervient alors que les éleveurs JA et FDSEA avaient demandé une rencontre à la DDT afin d'échanger sur l'application du nouveau plan loup. « Nous avons rappelé que nous n'étions pas d'accord avec la conditionnalité de la protection des troupeaux pour le versement des indemnisations. Tous les troupeaux ne sont pas protégeables, tous les troupeaux ne se protègent pas de la même façon et il existe des espèces, comme les bovins, que l'on ne peut pas protéger contre le loup », assène-t-il. La conditionnalité, « C'est la double peine ». Alors les représentants syndicaux rappellent aux éleveurs l'importance « de faire des demandes de tirs de défense ».
Pour autant, Baptiste Blanc pointe un élément nouveau qui est « la pression de la population sur les chasseurs ». Alors « nous avons demandé à la DDT de se mettre en relation avec la Fédération de chasse de l'Isère pour que les chasseurs ayant suivi une formation pour tuer les loups soient porteurs d'un document en règle ». La FDCI organise une à deux formations par an sur les tirs de défense renforcés. Environ un millier de chasseurs en ont bénéficié en Isère et une centaine sont formés chaque année. De quoi soulager les lieutenants de louvèterie qui sont au nombre de 15 en Isère et devraient voir leur effectif grimper jusqu'à 30.
Dernier point abordé jeudi dernier par les professionnels : la question de la différenciation de la gestion du loup au niveau des départements. « Nous ne voulons pas en entendre parler. La gestion doit rester au niveau national. Il y a des bruits qui courent selon lesquels, pour stopper la progression du loup, les territoires limitrophes pourraient obtenir plus de tirs de prélèvements que les départements déjà colonisés. Pas question de diviser la profession ! » Les JA se disent prêts à monter au créneau, même si c'est la voie de la discussion avec les services de l'Etat qui est privilégiée.