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Tourisme

Les Gîtes échappent à la crise

Le réseau isérois des Gîtes de France a bien résisté à un moral des Français en berne et à une économie en petite forme. Le volume d'affaires 2014 sera même en bonne progression.
Les Gîtes échappent à la crise

La sinistrose n'a pas gagné le réseau départemental des Gîtes de France. Avec un bon bilan, ils auraient tort de se plaindre. « La saison hivernale a été correcte, normale sans plus, estime Bruno Bernabé, directeur du relais départemental de la marque. En revanche, la saison estivale s'est bien comportée. » Pourtant, avec un peu de recul, on aurait pu croire à un retournement de situation en juillet : « Nous avons légèrement baissé avec 61% de taux d'occupation, commente-t-il, alors que nous atteignions 63% en 2013. » Pas dramatique et surtout pouvant confirmer le moral plutôt en berne des Français cette année. Mais la surprise est venue du mois d'août avec un taux de 79% au lieu de 75% en 2013, « avec deux semaines exceptionnelles, du 1er au 15 août, au cours desquelles le taux d'occupation a atteint 95%. Cela veut dire que nous étions complets.» Au final, sauf catastrophe improbable, « le volume d'affaires connaîtra une augmentation de 7% pour 2014 », se réjouit le directeur départemental. Joli coup alors que l'on entend parler de croissance 0 ou de risque de déflation.

Du matin au soir

Ces bons résultats ne sont pas le simple fruit du hasard. « Une conjonction de phénomènes permettent d'expliquer cette évolution positive », analyse Bruno Bernabé. D'abord le mauvais temps estival. « Nous sommes moins dépendants des aléas climatiques que certains hébergements comme les campings, explique-t-il. Donc, les gens qui ont réservé n'annulent pas souvent. En revanche, nous récupérons des changements de dernière minute. Certains ont peut-être abandonné l'idée d'un séjour en camping pour profiter d'installations plus confortables face aux risques de pluie. » Les réservations de « dernière minute », celles faites moins d'un mois avant le séjour, ont fortement augmenté, de près de 30%. « J'ai géré des appels de touristes qui cherchaient un gîte le samedi matin pour le samedi soir », s'étonne encore Alice Lachaud, chargée de communication nouvellement arrivée au sein de l'équipe départementale, et qui a tenu plusieurs permanences téléphoniques durant l'été. « Cela demande une grande souplesse de la centrale de réservation, mais également de la part des propriétaires, constate le directeur, mais c'est aussi cette réponse, souple, personnalisée, adaptée, qui contribue au succès de la formule des Gîtes. » Car le réseau veut se démarquer par rapport à ses grands concurrents, les centrales de réservations touristiques et de masse sur internet. « La relation personnelle, aux petits soins, est primordiale chez nous. Elle fait la différence dans la qualité de l'accueil.»

Communication structurée

Cette année, une nouvelle façon de communiquer a été mise en place également. « Plutôt que des coups d'éclat ponctuels, nous avons préféré travailler sur le long terme. Ainsi, nous avons édité un magazine différent du guide traditionnel, avec des reportages et une approche moins austère, que nous avons distribué à 12 000 exemplaires en Rhône-Alpes, détaille le responsable administratif. Il en faudrait 10 fois plus, mais nous faisons avec nos petits moyens, le tout avec une aide efficace d'Isère Tourisme. Nous nous sommes rapprochés par exemple des organisateurs du trail de l'UT4M. Ce sont des partenariats porteurs potentiels d'hébergements, avec un public qui aime nos paysages. Idem avec la Nordic Walk. » Dans un registre plus culturel et plus modeste, des liens ont été tissés avec le festival Berlioz à La-Côte-Saint-André. « En revanche, le Tour de France à Chamrousse est moins porteur de clients que lorsqu'il arrive à l'Alpe-d'Huez », constate Bruno Bernabé en regardant les tableaux de remplissage.

Enfin, une opération originale a eu lieu au début de l'été : les portes ouvertes de 50 gîtes. « C'est autant une opération institutionnelle qui permet de faire parler de la marque, qu'une opération de séduction de clients, mais souvent les propriétaires nous disent que leurs meilleurs prescripteurs sont leur voisins. » C'est une bonne occasion donnée aux propriétaires de faire parler d'eux dans leur voisinage, auprès des acteurs du tourisme, qui concourt à la notoriété générale du réseau. Difficilement chiffrable, les retombées n'en sont pas moins certaines. Les résultats provisoires l'ont prouvé.

 

Jean-Marc Emprin