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Les maires face à la réforme

La 57ème édition du congrès des maires de l'Isère se tiendra à Grenoble le 11 octobre prochain. L'occasion d'inaugurer une nouvelle formule avec les « Universités des maires et présidents », quatre ateliers thématiques axés sur les responsabilités, présentes et futures, des élus.
Les maires face à la réforme

En ces temps de réformes, l'Association des maires de l'Isère (Ami) relooke son congrès. Avec 44% de nouveaux édiles élus en mars dernier, elle s'offre aussi un bon nombre de nouvelles têtes à l'affiche de sa 57ème édition. Les maires débutants devraient d'ailleurs apprécier le programme de la journée, qui prévoit quatre ateliers thématiques consacrés aux différentes responsabilités du maire. En effet cette année, le congrès des maires remplace sa traditionnelle table ronde par une « Université des maires et présidents ». Au menu : finances locales, pouvoirs de police et responsabilités du maire ainsi qu'un atelier dédié à son rôle en tant qu'employeur. Une autre thématique devrait rencontrer un certain succès : celle consacrée à la réforme territoriale votée par les députés en juillet dernier. Animé par André Vallini, secrétaire d'Etat à la réforme territoriale, cet atelier reviendra sur les tenants et les aboutissants de ce projet gouvernemental dont l'ambition affichée est de « transformer pour plusieurs décennies l'architecture territoriale de la République ». S'il n'est pas question de toucher à l'échelon de la commune qui, selon les déclarations de François Hollande, « doit demeurer une petite République dans la grande », la réforme réorganise le territoire (13 régions au lieu de 22) et entend faire changer les intercommunalités d'échelle, chacune d'entre elles devant « regrouper au moins 20 000 habitants à partir de 2017, contre 5 000 aujourd'hui ».

Solidarité territoriale

Pour Eric Piolle, le nouveau maire de Grenoble, cette réforme pointe l'un des enjeux du XIXème siècle : « Les pôles urbains se développent, a-t-il rappelé lors de la présentation du congrès des maires à la presse. Mais ne perdons pas de vue qu'ils dépendent des territoires qui les entourent, puisque ce sont des aspirateurs à ressources et des générateurs de déchets. Il faut tisser des liens entre tous ces territoires, que ce soit en termes de gestion de l'eau, de production d'énergie, d'alimentation ou même de terres arables. » Christophe Ferrari, maire de Pont-de-Claix et président de la Métro - qui prendra le statut de métropole le 1er janvier prochain -, a renchéri en déclarant que cette réforme « réinterroge nos relations avec les autres territoires, qu'il s'agisse de la ruralité ou de la montagne. Il faut voir cela à travers le prisme de la solidarité territoriale ». Et le président de la Métro d'insister sur la nécessité, pour les territoires, d'entrer « en interaction » : « Dans le cadre de la réforme territoriale, les départements vont disparaître et les régions prendre plus d'importance. Nous devons nous interroger sur la manière de ne pas générer des zones moins outillées en services publics de proximité (...). Notre relation à la ruralité ne doit pas être vue comme un espace récréatif des urbains. La vraie construction, c'est cette économie qui profite à tous. Il faut penser territoire. Tout le temps. » L'occasion pour le maire de Grenoble de souligner que les cantines de la ville ont multiplié par deux leur approvisionnement en produits bio et locaux et que ses services travaillent à « adapter les appels d'offre, les redimensionner pour permettre aux agriculteurs locaux d'y répondre. » Avis aux amateurs.

Marianne Boilève