Les Vins de Savoie AOP en bonne forme
L'année 2015 restera probablement dans les mémoires comme un millésime exceptionnel pour les vins de Savoie. Des conditions météorologiques hors normes ont accompagné le travail des viticulteurs pour produire des raisins de grande qualité, malheureusement en faible quantité. Les 450 adhérents du SRVS ont produit environ 115 000 hl en 2015 (111 270 hl pour la récolte 2014). Des volumes insuffisants lorsque l'on sait que la moyenne des dix dernières années était de 126 000 hl. Les stocks de vins se situent à 33 000 hl en retrait de 9,3 %, ce qui est faible et correspond juste à l'équilibre entre l'offre et la demande à certaines périodes de l'année.
Remontée des cours du vrac
Dans ce contexte d'un marché dynamique, les négociants ont fait des efforts sur la valorisation du cours du vrac, « un signe encourageant pour la filière qui doit se poursuivre », selon Michel Quenard, président du SRVS. Le lancement du Crémant de Savoie, avec la rétroactivité sur la récolte 2014, est aussi un signe positif pour la filière. Reste maintenant à passer à la vitesse supérieure pour répondre à la demande en crémant. L'objectif de la filière viticole est de passer de 4 % des volumes produits en méthode traditionnelle à 10 % des volumes en Crémant de Savoie dans les prochaines années. D'autant plus, que l'on sait déjà que la consommation de crémant augmente rapidement en France et que dès 2017 les volumes ne pourront pas satisfaire la demande.
Planter et installer, deux vrais challenges
Depuis la suppression des droits de plantation remplacés par les autorisations de plantations, les portes sont ouvertes à de nouvelles parcelles et les dossiers sont à demander à Agrimer. Mais Michel Quenard est toutefois inquiet sur cette ouverture. « Nous souhaitons que ces autorisations de plantation ne concernent que des vins sous signe de qualité, ou à la rigueur des plantations de cépages anciens, mais cette décision appartient au bassin viticole », affirme-t-il. Les autres dossiers ont été présentés par le directeur Michel Bouche : mise en place du VCI (volume complémentaire individuel), dématérialisation des DRM, ou encore délimitation de la dénomination géographique du Chignin Bergeron.
Dans la lutte contre la flavescence dorée, la situation est toujours préoccupante avec 12 435 ceps contaminés sur 1 862 parcelles. Deux foyers sont toujours inquiétants aux Marches et la commune de Chignin voit son nombre de ceps contaminés augmenter chaque année. Pour Michel Quenard, « la lutte collective reste compliquée tant qu'il existera des réfractaires aux traitements insecticides ».
L'assemblée générale du 14 janvier à Apremont a été l'occasion de faire le tour de l'actualité du Syndicat régional des vins de Savoie, en particulier le travail mené dans le cadre d'Alcotra sur les terroirs et les paysages viticoles. La préservation de ce foncier viticole doit maintenant être prise en compte dans les documents d'urbanisme. En lien avec le terroir et les paysages, les actions d'œnotourisme se développent tant en Cœur de Savoie qu'en Chautagne avec le label Vignobles & Découvertes mais aussi avec une demande de reconnaissance en patrimoine universel de l'Unesco. Pour répondre aux attentes de la société sur le volet environnemental, un travail est réalisé avec les techniciens de la chambre d'agriculture Savoie Mont-Blanc dans le cadre du réseau Dephy. Michel Quenard souhaite que les viticulteurs s'engagent dans cette démarche « pour faire connaître nos bonnes pratiques dans nos vignes ». De même un projet de Paec avec Métropole Savoie sur la protection de l'eau concernera une grande partie du vignoble savoyard.
Vendangeurs de normes
Le président du SRVS fait part de sa satisfaction concernant le projet de loi de santé qui distingue enfin la publicité de l'information. Par contre, les nouvelles normes concernant l'affichage nutritionnel sont encore une aberration administrative, « la bouteille ne sera pas assez grande pour mettre l'étiquette ! Nous avons encore une fois de plus le sentiment de vendanger plus de normes que de vins ! ».
Claudine Lavorel
Developpement de la notoriété et des exports
Charles Henri Gayet, président du CIVS, et Frank Berkulès, chargé de communication, ont présenté un programme ambitieux pour le développement des vins de Savoie. Outre la présence au cœur des événements : Salon de l'agriculture à Paris, rencontre avec les sommeliers, Fête des fromages et prochainement Tarine & abondance en fête à Chambéry, le CIVS a lancé un plan triennal pour l'exportation des vins de Savoie. 250 000 euros (dont la moitié d'aide européenne) vont être consacrés à la promotion des vins à l'étranger. Après l'opération menée à New York, la présence de la filière sera assurée au mois de mai au Vinexpo de Hong Kong, puis en novembre au Vinexpo de Tokyo. Une rencontre avec les importateurs à Chicago et une visite de journalistes Américains sur le vignoble sont également au programme de cette année.Plus localement, la promotion se poursuit dans les démarches d'œnotourisme, avec les Trophées de vins de Savoie ou encore avec la Balade gourmande qui se déroulera durant deux journées, les 23 et 24 juillet à Chignin. Deux nouveautés sont programmées pour 2016 : l'organisation d'un concours pour les mousseux : Crémant, Ayze et Seyssel, le 7 mars prochain et une journée à l'intention de la presse sur les rosés de Savoie, au mois de juillet.CL