Mettre des vins de l’Isère dans tous les restaurants
Viticulture/ Le Syndicat des vins de l’Isère a tenu son assemblée générale le 4 mars dernier. La nouvelle équipe se lance dans de nombreux projets et a renouvelé son partenariat avec la Chambre d’agriculture de l’Isère.
«Prendre l’initiative, c’est choisir ce qui nous arrive ». Pour sa première assemblée générale, le 4 mars à Moirans, le nouveau président du Syndicat des vins de l’Isère (SVI), Sébastien Bénard, viticulteur à La Buisse, a dit sa satisfaction de renouveler la convention qui lie le syndicat à la Chambre d’agriculture de l’Isère.
« L’accompagnement dont nous avons besoin doit nous permettre de structurer notre action », explique-t-il en évoquant « une confiance mutuelle retrouvée ».
La convention signée pour trois ans donnera au syndicat les moyens « de se projeter ». Sa feuille de route flèche des actions aux « formats simples » et davantage de souplesse.
« Le Syndicat des vins de l’Isère porte une filière en devenir, en mouvement qui a encore du potentiel », estime Aurélien Clavel, le président de la Chambre d’agriculture de l’Isère. Il souligne l’importance de pouvoir s’appuyer sur le syndicat pour accompagner la filière dans sa structuration et sa promotion.
L’organisme consulaire est plus particulièrement présent dans l’organisation du concours départemental des vins et apporte son aide à celle du salon des vins. « C’est l’une des filières où la chambre met le plus d’argent, en partenariat avec le Département », indique le président.
Pour lui, la promotion des vins de l’Isère « commence par le restau d’à côté ». Il rappelle aussi que les vins auront toute leur place dans la future boutique grenobloise de produits isérois portée par le Pôle agroalimentaire dont il est également président.
Printemps des vignerons
Parmi les événements à venir, Sébastien Bénard met en avant les portes ouvertes dans les domaines sous la bannière commune du Printemps des vignerons (1). « Ainsi chacun bénéficie de son autonomie mais d’une communication commune »
Autres pistes envisagées : la présence auprès des autres produits sous label de qualité isérois lors d’événements promotionnels comme la Descente des alpages.
Dans la boîte à idées, il y a aussi l’envie d’organiser de grands banquets célébrant la gastronomie et les vins de l’Isère, ou encore la mise en œuvre des Balades gourmandes lancées par le restaurateur Laurent Gras.
Le président insiste : « la viticulture est porteuse d’une image valorisante ». Aussi nourrit-il l’espoir de se rapprocher des collectivités territoriales « pour obtenir leur soutien ».
Un salon au Fontanil
Le bilan du concours des vins de l’Isère, qui s’est déroulé le 20 octobre à Saint-Savin, fait état d’une « vraie dynamique », souligne Jean-François Métral, administrateur. 72 échantillons, issus de 22 domaines étaient en lice, soit un peu plus qu’en 2024, signe d’une motivation des vignerons.
En revanche, la rencontre professionnelle sous chapiteau organisée en parallèle, et à laquelle participaient 16 domaines a suscité « des interrogations », déclare pudiquement l’administrateur.
Il tombait en effet des cordes ce jour-là et les visiteurs pataugeaient copieusement. « On fait avec les moyens du bord », explique Jean-François Métral.
Pour accroître sa visibilité auprès du public cible que sont les restaurateurs, cavistes et professionnels du vin et pour proposer un accueil de qualité, le syndicat souhaite cette année coupler le concours et la journée professionnelle avec le Salon Dauphinois, qui se déroulera du 11 au 13 octobre à Alpexpo-Grenoble.
L’événement attire près de 5 000 visiteurs durant trois jours et offre un véritable potentiel de vente, mais réclame aussi une mobilisation des viticulteurs trois jours durant.
Quant au Salon des vins de l’Isère, qui se tenait depuis trois éditions à l’Agora à Saint-Ismier, il va lui aussi changer de lieu. Il se déplacera au Fontanil-Cornillon, les 14 et 15 novembre.
32 vignerons étaient présents en 2025 pour 900 visiteurs. La volonté du syndicat est « de se déplacer dans un autre bassin économique pour faire découvrir les vins à d’autres personnes ». Les vignerons espèrent que l’accès en tram attirera les Grenoblois.
« Vous n’êtes pas nombreux, mais il y a de la solidarité entre vous et on le sent. ». Cyrille Madinier, le vice-président du Département en charge de l’agriculture, de la forêt et de la ruralité, a lui aussi fait valoir le soutien important à la filière viticole consenti par la collectivité, de concert avec la chambre d’agriculture.
En 2025, sept exploitations ont bénéficié d’aides à la plantation et trois pour l’achat de matériel. D’autres dossiers sont à venir. « Nous sommes le seul département à faire de l’aide à la plantation. Nous sommes sensibles à l’évolution de la filière », a-t-il déclaré.
Isabelle Doucet
L’héritage de Noël Martin
Médailles / Avec deux médailles en concours général, les héritiers de Noël Martin, à Saint-Chef, inscrivent le domaine dans la continuité.
Le domaine Noël Martin, à Saint-Chef, s’est illustré fin février au Concours général agricole à Paris en remportant deux médailles d’argent, l’une pour un chardonnay 2025, l’autre pour une syrah 2024.
« Mon beau-père était un habitué du concours, souligne Lionel Navarro, qui a repris le domaine avec Aurélie Martin, la fille de Noël Martin, suite au décès de ce dernier en juillet 2021. Il avait obtenu ses dernières médailles, en 2020 pour un viognier. Nous n’avions rien représenté depuis. Cette année, nous avons retenté et ça s’est bien passé. »
Le jury a apprécié la longueur en bouche et le nez de la syrah. « Nous voulions avoir un avis sur le millésime 2024 car le 2023 marchait bien. Nous souhaitions nous inscrire dans la continuité. Après la médaille d’or au départemental, c’est une confirmation. Cela fait du bien. C’est en cohérence avec l’héritage de mon beau-père. Nous avons réussi à tenir une constance aux yeux de tous », reprend Lionel Navarro.
Quant au chardonnay primé, le viticulteur était plus optimiste sur la qualité que sur l’aspect. « Je ne le voulais pas trop sec, mais plutôt sur le fruit et en rondeur. Depuis trois ans, nous travaillons le même profil, sauf que l’échantillon présenté avait un aspect non filtré et le Concours général peut être aléatoire. »
« On ne voulait pas décevoir »
L’année prochaine, les viticulteurs tenteront le concours des Effervescents du monde. « Notre but est d’arriver au niveau du beau-père », confie-t-il, Noël Martin étant le vigneron qui avait introduit la méthode des effervescents en Isère.
Pour Lionel Navarro et Aurélie Martin, « il y a un vrai challenge à maintenir le domaine. Nous avons de bons retours depuis deux ou trois ans. On ne voulait pas décevoir et on s’en sort. »
En 2024, le domaine s’est modernisé en changeant toute sa cuverie. « Désormais, nous sommes plus précis dans les fermentations et le contrôle des températures. Cela facilite la tâche et l’hygiène est au top. », décrit Lionel Navarro
L’ensemble du chai a été rénové, de la dalle à l’électricité, en passant par la climatisation et le changement de tracteur, avec des aides de la Région et du Département.
Le domaine, qui compte 8,5 ha de vignes, atteindra bientôt les 10 ha avec 1,5 ha supplémentaire de pinot gris. Les autres cépages sont le pinot noir, le chardonnay, la syrah et le viognier.
ID
Des balades gourmandes le 28 juin
« Faire venir du monde dans les restaurants et chez vous. » Laurent Gras, président des maîtres restaurateur de l’Isère (MRI), chef du célèbre Pèr’Gras à la Bastille et viticulteur, a invité les membres du Syndicat des vins de l’Isère à s’investir dans les Balades gourmandes.
La date est fixée au dimanche 28 juin. Il s’agit « de faire découvrir les domaines en association avec un maître restaurateur ».
Cet accueil en binôme du grand public consiste en la visite des vignes avec grignotage préparé par un MRI, puis la découverte des chais avec l’explication des méthodes de vinification, la dégustation des vins du domaine assortie d’un show culinaire, ainsi que des animations, musicales ou autres.
Laurent Gras compte sur la participation d’une dizaine de domaines, les restaurateurs étant largement partants. Il en coûterait 40 euros par participant.
« Les vins de l’Isère sont absents des cartes des vins des restaurants. Il faut arriver à drainer des restaurateurs dans vos domaines pour qu’ils comprennent la qualité du travail fourni et des vins, argumente Laurent Gras. Ils sont d’une grande richesse car les terroirs sont différents les uns des autres. Et puis, c’est une opération de communication grand public. »
De nombreux viticulteurs se sont dits prêts à tenter l’expérience.
(1) samedi 28 et dimanche 29 mars, portes ouvertes au Domaine de la Courna à Saint-Chef, de 10 heures-18 heures, contact : [email protected] ou 06 79 25 35 45 ; dimanche 19 avril, portes ouvertes au Domaine Les Longs à Brié-et-Angonnes, de 10 heures-18 heures, contact : 06 63 13 27 96 ; samedi 2 et dimanche 3 mai, portes ouvertes au Domaine Meunier à Sermérieu, résa : 04 74 80 15 81 / 06 84 49 98 67 ; mercredi 20 mai, soirée dégustation Vignes & Vignerons du Trièves au Zinc à Grenoble, contact : 04 76 03 07 44 ou [email protected] ; vendredi 22 et samedi 23 mai, portes ouvertes cave Fleurs de Galet à Chanas, contact : 06 24 58 15 70 ou [email protected]