Projet de Parc : un nouveau souffle pour l'Adabel ?
Conserver le souffle... Vital pour le sportif, le souffle l'est aussi aux porteurs d'actions collectives. Qu'elles soient professionnelles, syndicales, culturelles ou sportives, toutes les associations sont – un jour ou l'autre - confrontées à la même question : passée l'exaltation des débuts, comment entretenir la motivation des adhérents et leur implication ? En se penchant sur trente ans d'engagement en faveur de la préservation de l'agriculture dans le massif, l'Adabel a retracé un parcours aux allures de montagnes russes. Avec des hauts et des bas, des succès et des échecs, des élans d'enthousiasme collectif porteurs de projets et des moments de découragement. Rien que de très normal. « Une association, c'est comme une ascension en montagne, diagnostique Claude Blanc-Coquand, qui a présidé l'Adabel avant de passer le relais à Audrey Abba l'an dernier. Il faut se poser pour se reposer, pour mieux repartir. »
C'est ce que s'efforce de faire l'Adabel à chaque passage de dizaine. Ce travail introspectif, parfois difficile, aboutit toujours à l'émergence de nouvelles idées, de nouveaux projets : gestion du foncier avec les élus, lutte contre l'enfrichement, reconquête des espaces agricoles, valorisation des productions locales (tomme de Belledonne, viande bovine...), réflexion sur les circuits courts (réseau des fermes de Belledonne), développement d'outils communs, création de circuits découvertes... Autant de projets collectifs nés d'un besoin ou d'un moment de crise.
Se fédérer autour d'un projet
Est-ce à dire que seules la crainte d'un danger pousse les acteurs d'un territoire à se mobiliser ? Du combat contre le loup à l'affaire Center Parcs, les faits semblent l'indiquer. « Aujourd'hui nous n'identifions pas de vrais périls, constate Audrey Abba. Par le passé, ce sont les menaces qui ont poussé les agriculteurs à se regrouper pour lutter. Aujourd'hui on a perdu un peu de cet esprit. Peut-être le Parc pourrait nous aider à nous fédérer pour porter un projet... » Valérie Morier-Genoud, animatrice de l'Adabel dans les années 90, en est convaincue : « Je me souviens que lorsque j'ai commencé à travailler avec eux, les agriculteurs de Belledonne ne voulaient pas devenir comme ceux de l'Oisans. De là sont nées de nombreuses démarches collectives sur la gestion du foncier, la valorisation des produits... La création du parc régional est une chance : c'est un projet qui peut relancer une dynamique territoriale, dans laquelle l'Adabel a toute sa légitimité. »
Une position que partage naturellement Bernard Michon, maire de Revel et président de l'Espace Belledonne, qui porte le projet depuis cinq ans. « J'ai l'impression que les agriculteurs ont repris confiance : ils sont aux manettes. Et c'est tant mieux car il est très important que l'Adabel prenne sa part à l'écriture de la charte constitutive du futur PNR de Belledonne. » Certes, mais les 50 adhérents de l'association, qui partage opportunément son animatrice avec l'Espace Belledonne pour l'élaboration du projet de parc, ne se sont pas encore tous ralliés à la cause. Loin s'en faut.