Sensibiliser les jeunes au sanitaire dès leur formation
SANTÉ ANIMALE / La fédération régionale des GDS Auvergne-Rhône-Alpes (FRGDS) a tenu son assemblée générale le 9 avril au Gaec du Pays des Sucs à Yssingeaux (Haute-Loire). L’occasion de présenter son projet de communication qui cible spécialement les jeunes générations d’éleveurs.
Présidée par Hervé Garioud, la FRGDS Aura rassemble onze groupements de défense sanitaire (GDS) sur un territoire de douze départements et dispose de six sections (bovine, caprine, ovine, porcine, apicole, équine). Parmi les thématiques fortes de cette assemblée générale, la crise sanitaire de la DNC a, bien sûr, été incontournable. Un sujet très douloureux pour le président Garioud, mais riche d’enseignements en termes de retour sur la gestion de la crise en France. « Dans les Savoie, on a suivi le protocole dicté par l’État, et c’est comme cela que l’on a pu sortir de la maladie. Les vétérinaires, le GDS, la chambre d’agriculture et les syndicats agricoles ont tous validé ce protocole, mais par la suite certains syndicats ont changé d’avis... », a-t-il souligné.
DNC : des défauts de communication
Cédric Laboret, éleveur et président de la chambre d’agriculture Savoie Mont-Blanc, a livré quelques enseignements utiles sur cette crise. Il a notamment pointé des défauts de communication qui ont gêné l’acceptation du protocole par certains. « Dès le départ, c’est juste le protocole qui a été expliqué. Or, on aurait dû faire appel à des experts pour qu’ils viennent expliquer le fonctionnement de cette maladie. Quelque temps après, nous avons organisé des réunions avec le GTV (Groupement technique vétérinaire) pour expliquer le devoir individuel de chaque éleveur, celui de protéger les élevages des autres en appliquant le protocole, et l’accompagnement collectif prévu pour relancer leur troupeau en cas d’abattage. Quand on arrive à travailler ensemble, et que l’on est soudés, on arrive à passer une crise comme celle de la DNC », a-t-il assuré. Et de pointer ces quelques éleveurs qui ont refusé le protocole et, par le fait, mis en danger les élevages voisins. Le directeur régional de la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt Auvergne-Rhône-Alpes (Draaf), Armand Sanséau, a confirmé la nécessité d’une approche collective, impliquant également l’État, « mais une fois plongés dans la crise, on a été débordés par les réseaux sociaux et ses informations immaîtrisables ».
« Sans sanitaire, pas d’élevage ! »
« Sans sanitaire, pas d’élevage ! » tel était le maître mot de cette assemblée générale. Pour sensibiliser les jeunes générations à l’importance du sanitaire, et indirectement pour tenter de contrer les fausses informations qui circulent avec encore plus de force en période de crise, la fédération régionale porte « un projet fédérateur orienté vers les jeunes générations qui vise à transmettre l’histoire des GDS, ainsi que les droits et les devoirs des éleveurs en matière de sanitaire et de biosécurité », a expliqué Hervé Garioud. « Les jeunes n’ont pas connu de vraies crises sanitaires. Pourtant, le sanitaire est essentiel à la réussite de nos élevages », a indiqué un représentant du GDS de l’Allier. Du côté des vétérinaires, Didier Eyraud, également administrateur au GTV Aura, a précisé : « En éliminant certaines maladies, on les a retirées de la tête des agriculteurs. Or, dès que l’on relâche la pression, ces anciennes maladies reviennent. Cette haute valeur sanitaire dont nous bénéficions aujourd’hui est le fruit d’un travail que l’on peut perdre d’un moment à l’autre. Les jeunes éleveurs n’ont pas conscience de tout cela. Le sanitaire, c’est un regard, une vigilance de tous les jours ». Dans le cadre de ce projet, le réseau des GDS a l’intention d’intervenir dans les lycées agricoles (sur la gestion de crise par le collectif), au cours de la première année d’installation (via des audits de biosécurité) et 5 ans après l’installation, à l’aide d’audits d’approche globale. Il s’agit également de remettre du sanitaire dans les formations et les apprentissages et de faire évoluer les fermes des lycées agricoles. Ce projet permettra, d’autre part, d’harmoniser les initiatives locales des GDS déjà entreprises en direction des jeunes. Tout à fait en accord avec ce projet, Raymond Vial, conseiller régional délégué à l’agriculture et à la ruralité, a proposé d’intégrer un module sanitaire dans les lycées de notre région. Une initiative qu’il souhaite voir généralisée à l’échelle nationale.
Véronique Gruber