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Session de la chambre d'agriculture

Une agriculture en mouvement

Loin d'être figée, la politique agricole départementale suivie par la chambre d'agriculture doit profiter des moments de crise, de restructuration, pour adopter des axes offensifs afin d'accompagner au mieux la profession agricole dans son adaptation aux nouveaux défis. C'était tout le sens de la session de la chambre d'agriculture tenue le 9 septembre dernier.
Une agriculture en mouvement
C'est parce que l'avenir est incertain que la session de la chambre d'agriculture tenue la semaine dernière à Grenoble a été entièrement orientée sur les pistes à suivre ou à explorer pour préparer l'agriculture iséroise des dix prochaines années. "Nous devons donner des perspectives à notre agriculture, affirme Gérard Seigle-Vatte, président de l'organisme consulaire. (...) Nous devons poursuivre notre réflexion sur le type d'agriculture que nous souhaitons développer dans notre département, donner de grands axes d'orientation. C'est presque un nouveau Pad (projet agricole départemental) à élaborer en lien avec le Par (niveau régional)". Et le défi lancé par le président n'est pas mince. "Les projets d'installation sont très diversifiés aujourd'hui. plus de la moitié des installations sont hors filières traditionnelles. nous devons accompagner ces projets pour qu'ils réussissent tout en encourageant les projets dans les filières plus classiques, permettant ainsi le renouvellement lié au départ à la retraite. Et de penser "notamment à la filière lait", pour laquelle il estime que "la production laitière individuelle est condamnée".
Le défi n'est pas mince non plus avec la mise en place des axes de la loi de modernisation agricole ou celle des lois Grenelle et une retombée directe, les plans Ecophyto. "Profitons du cadre réglementaire pour accompagner au mieux les exploitations dans leurs pratiques avec un usage raisonné des produits phytosanitaires" préconise-t-il.
Si l'impulsion à un mouvement de fond peut être donnée à un niveau départemental, il peut y avoir de nouvelles orientations également à un niveau européen. Gérard Seigle-Vatte, après avoir participé à un voyage à Bruxelles en juin, avec les autres présidents de chambre de la région et le vice-président du conseil régional, Michel Grégoire, chargé de l'agriculture et du développement rural, est revenu avec l'idée que le nouveau commissaire européen à l'agriculture, Dacian Ciolos, "apparaît convaincu de la nécessité d'une régulation des marchés". "La politique européenne doit aller dans ce sens, estime le responsable départemental, et nous devrons saisir les opportunités qui se présenteront à nous, notamment autour des enjeux liés à l'alimentation".

Toutes ces orientations vont devoir s'effectuer dans un environnement difficile pour la chambre. En premier lieu, le soutien du conseil général s'amenuise. "Nous observons une diminution significative du soutien du conseil général aux actions de développement menées par la chambre d'agriculture (-17% en 2009, - 30% en 2010*), constate le président Seigle-Vatte, une baisse générale pour l'ensemble des organisations professionnelles. (...) Cette baisse est difficile à gérer". Et le responsable agricole "d'avouer son incompréhension alors que le soutien aux actions territoriales permettant l'émergence de projets est un enjeu fort avec le développement des politiques territorialisées". Christian Nucci, vice-président du conseil général en charge de l'agriculture n'a pas réellement fait de commentaire sur ce point.
Dernier grand chantier à mener pour la chambre d'agriculture, le transfert des missions de service public liées à l'installation, de l'Adasea à la chambre d'agriculture, dès le 1er janvier prochain. Gérard Seigle-Vatte a attiré l'attention du nouveau préfet de l'Isère, Eric le Douaron, sur son inquiétude "sur le financement de cette nouvelle mission où l'Etat risque fort de se désengager. Les chambres d'agriculture ne peuvent pas indéfiniment se réformer sans moyens" rappelant la baisse dragstique des moyens du conseil général et l'absence d'augmentation de la TATFNB en 2010. Cependant, le président se dit satisfait du pôle installation créé, il y a un an, associant les moyens de la chambre et ceux de l'Adasea : "cette dynamique doit perdurer dans le rapprochement que nous aurons avec l'Adasea".

*chiffre provisoire