Une sensibilisation permanente
Le captage de Reyteberg, situé dans les communes de Doissin et Panissage est classé comme prioritaire. Le programme d'action défini dans son périmètre d'alimentation vise à obtenir une qualité des eaux brutes suffisante pour éviter le traitement des pollutions dues aux nitrates et aux pesticides avant la distribution de l'eau potable. Plusieurs actions ont été mises en oeuvre
Dans ce captage, le taux de nitrates dans les eaux brutes avoisinait auparavant les 35/45 mg/l d'eau brute, soit une moyenne haute, avec des fluctuations saisonnières importantes. Une tendance à la baisse a été constatée avec, durant certaines périodes, une réelle amélioration (nitrates inférieurs à 30 mg/l d'eau brute).
Autour de ce captage, une parcelle est engagée en MAEC réduction des phytosanitaires. D'autres parcelles ont été reconverties ou maintenues en prairies. La rencontre de Panissage avait pour objectif de favoriser les échanges autour de la gestion des prairies et soutenir l'amélioration de leurs pratiques.
Le programme Bio&Eau, présenté par Stéphanie Guinard, conseillère agro à la chambre d'agriculture de l'Isère porte sur le bassin versant de la Bourbre.
C'est un projet de territoire pilote unique en Isère, initié depuis 2012. Il vise à développer l'agriculture biologique pour préserver la qualité de l'eau dans ce bassin versant. Ce périmètre de travail intègre les zones de captages (prioritaires ou non) concernées par la programme Terre et Eau et leurs actions sont donc complémentaires.
Terre & Eau décrit par Amandine Roux, conseillère agro concerne de nombreux captages prioritaires du département avec une large place à la sensibilisation des agriculteurs et opérateurs agricoles. Il s'est réorienté vers davantage d'actions agronomiques et cherche à concilier enjeux environnementaux et bénéfices économiques.
Une vingtaine d'agriculteurs ont donc assisté au diagnostic de trois prairies réalisé par Jean-Pierre Manteaux, conseiller au service élevage Drôme Isère de la chambre d'agriculture.
Dans chaque parcelle, les espèces végétales présentes ont été identifiées, et comparé aux besoins de l'exploitation.
Un semis de prairies optimal et diversifié
Un semis de qualité permettra d'assurer une levée rapide du mélange de même qu'une bonne couverture du sol. Pour ce faire, il vaut mieux surélever le semoir afin d'augmenter la largeur du rang et diminuer l'espace entre les graines. Dans la mesure du possible le semis est préférable à la volée. Les graines seront simplement rappuyées et non enterrées.
Les visites ont souligné l'importance des mélanges et l'association des graminées/légumineuses avec des plantes diverses. La richesse spécifique du mélange le rendra plus résistant au changement climatique.
Selon le mode d'exploitation, des espèces devront être privilégiées :
- Le trèfle blanc nain ayant une capacité à drageonner pourra recouvrir d'éventuels trous. Le trèfle blanc à grandes feuilles restera lui au-dessus du couvert et sera adapté à la fauche.
- La fléole est une graminée adaptée à la fauche tardive, qui résiste au froid et présente une valeur alimentaire intéressante.
- Le ray-grass présente toujours trois feuilles dont la plus ancienne est remplacée tous les 20 jours. Pour optimiser sa récolte, ce délai doit être intégré aux dates d'exploitation. Le ray-grass s'implante vite et permet de concurrencer les éventuelles mauvaises herbes. Préférez le ray-grass anglais à l'italien et l'hybride.
Implanter des légumineuses
Les légumineuses, via leurs nodosités, fixent l'azote de l'air pour leur croissance. Après la dégradation de ces nodosités, le sol sera enrichi de cet élément. Un apport d'azote minéral aura tendance à limiter l'absorption de l'azote de l'air et réduire le développement de ces plantes.
Leur présence est donc primordiale dans les prairies. A titre d'information, une tonne de trèfle fixe ainsi 25 unités d'azote, ce qui équivaut à 100 kg d'amonitrate.
Visez l'autonomie azotée avec l'intégration des légumineuses et une perte limitée des nutriments produits sur votre exploitation (bâchage des tas de compost).
Adapter le pâturage
L'indice foliaire représente le ratio entre la surface des feuilles et la surface du sol. Si l'indice foliaire lors de la sortie des bêtes est trop faible, le potentiel de production de la prairie sera amputé.
Un chargement ponctuellement élevé limitera la sélection des espèces et ainsi l'apparition de zones de refus.
Différents outils de pilotage de la fertilisation :
- En prairie temporaire, il est possible de faire une analyse de sol.
- Le diagnostic de nutrition des prairies appelé communément DNP, se base sur une analyse NPK de l'herbe. Il juge de l'état de la fertilisation à postériori. Pour les années à venir, les pratiques de fertilisation peuvent être éventuellement modifiées.
- L'analyse des effluents pour quantifier ce qui est apporté sur les parcelles.