Eh bien dansons maintenant !
Le Festival Berlioz, qui se déroulera du 19 au 30 août à La Côte-Saint-André, est placé cette année sous le signe de la danse.
«La danse, c’est un peu la surprise du festival », lance Bruno Messina, lors de la présentation de la prochaine édition du Festival Berlioz qui se déroulera à La Côte-Saint-André, mais aussi à Beauvoir-en-Royans et à Saint-Antoine-l’Abbaye, du 19 au 30 août.
Le directeur du festival, qui n’a pas son pareil pour décliner les thèmes autour de son compositeur de cœur, explique son choix. La musique de Berlioz se caractérise « par une tension, une pulsation particulière, un peu comme au jazz, avec des contretemps » qui font de la danse, comme le disait Berlioz lui-même « la sœur de la musique ».
Et depuis 1945, c’est sur La Marche des Troyens de Berlioz que défile l’ensemble de l’académie de danse de l’Opéra de Paris, des petits rats aux Étoiles, lors de son traditionnel gala de prestige. Ce n’est pas rien.
Ouverture avec le Carmina Burana
Deuxième grande surprise de ce festival, c’est le tant espéré Carmina Burana, qui devait être donné en 2023 à Beauvoir-en-Royans, mais qui fut annulé au dernier moment en raison d’un orage. Il est donc de nouveau programmé en concert d’ouverture, au même endroit, au Couvent des Carmes, le mercredi 19 août dans le cadre de la grande fête populaire.
Cette fois-ci, c’est l’Orchestre national symphonique de Lettonie et le Chœur de Lettonie qui seront à la manœuvre. Bruno Messina confie que « ça s’était bien mal terminé » avec l’orchestre de Turin et l’annulation de dernier moment.
Mais il ajoute : « Nous voulions refaire le Carmina Burana, c’est une pièce emblématique et le village s’était entièrement investi. Tout était prêt il y a trois ans… »
Le Couvent des Carmes C ID TD
Une installation pyrotechnique sera disposée derrière le chœur donnant encore plus de majesté à l’événement. Plusieurs milliers de personnes sont attendues pour cette soirée d’ouverture.
Un carré de 1 200 places assises est en vente à un prix plus élevé, en sorte que ces spectateurs pourront assister au concert de repli au château Louis XI de La Côte-Saint-André en cas d’intempérie.
Musique et hip-hop
Rendez-vous avec Eric-Emmanuel Schmitt et Chopin, le 20 août à 21 heures à La Côte-Saint-André pour une soirée au piano intitulée « Madame Pylinska et le secret de Chopin », où l’auteur raconte son amour de la musique.
Place à la musique de ballet les 21 et 22 août à 21 heures avec Prokofiev puis Tchaïkovski.
Soirée symphonique dansée le vendredi avec le « Roméo et Juliette » donné par L’orchestre d’Alicante qui, une fois n’est pas coutume à La Côte-Saint-André, jouera au pied de la scène tandis que la compagnie de danse contemporaine espagnole Otra Danza interprétera le drame chorégraphique des amoureux de Vérone.
Il n’y aura pas de danseurs le samedi soir pour le « Casse-noisette », mais fort à parier des fourmillements dans les jambes des spectateurs dès La Marche et jusqu’à la Danse des mirlitons. La célèbre symphonie n° 5 de Tchaïkovski sera donnée par la prestigieuse Deutsche Kammerphilarmonie de Brème, « un des meilleurs orchestres du monde », assure Bruno Messina.
« Les Nouveaux mondes – Méditerranée », c’est la rencontre du hip-hop et de la musique classique, le dimanche 23 août.
Le chorégraphe Mourad Merzouki vient ici faire vibrer les corps sur les notes de grands airs classiques comme « La Marche hongroise de Berlioz », des airs traditionnels grecs, arabes, turcs ou italiens et sous la baguette de la cheffe Zahia Ziouani. Le directeur du festival salue le parcours nourri d’obstination de cette musicienne, une des rares cheffes d’orchestre françaises.
Il faut quitter La Côte, le lundi 24 août pour faire un saut à Saint-Antoine-l’Abbaye et l’écrin de l’église abbatiale.
Le Cercle de l’Harmonie, dirigé par Jérémie Rohrer donnera la « Missa Solemnis » de Ludwig van Beethoven, œuvre liturgique avec Kyrie, Gloria, Sanctus et Agnus dei.
Retour au Château Louis XI le 25 août et grand rendez-vous berliozien pour une « Damnation de Faust » interprétée par l’orchestre Appassionato, dirigé par Mathieu Herzog, avec le chœur Spirito et les chœurs amateurs d’Auvergne-Rhône-Alpes.
C’est une « Belle au bois dormant » un peu irrévérencieuse, « en version acrobatique et délirante » imaginée par Shirley et Dino qui s’amusera sur scène sur la musique de Ferdinand Hérold, le mercredi 26 août. Un spectacle pour tous les publics.
Soirée romantique, toujours à La Côte-Saint-André avec « Les Nuits d’été » et l’orchestre de chambre de Paris que dirige Thomas Hengelbrock.
La mezzo-soprano Eva Zaïcik, « une des plus belles voix du moment », assure Bruno Messina, interprétera du Mendelssohn (Songe d’une nuit d’été), du Berlioz (Les Nuits d’été) et du Dvorák (Symphonie n° 8).
Renaud Capuçon revient
« Déjà la 7e ! », s’exclame le directeur du festival Berlioz. En effet, Renaud Capuçon, qui dirige l’Orchestre de chambre de Lausanne, s’était engagé à honorer le cycle des symphonies de Beethoven à La Côte-Saint-André.
La 6e – La Pastorale — et la 7e – dont le célèbre Allegretto entendu dans beaucoup de films — seront donc données le vendredi 28 août.
Le samedi 29 août, l’Orchestre philharmonique de Radio France, « la rolls des orchestres » selon Bruno Messina et le chef Louis Langrée, qu’il rêvait de voir à La Côte-Saint-André, seront sur scène pour des « Mélodies fantastiques » : de la Cendrillon de Massenet à « La Jolie fille de Perth » de Bizet, sans oublier la Symphonie fantastique de Berlioz, avec la soprano, Victoire de la musique classique, Sabine Devieilhe.
Et ce sera la fièvre du samedi soir à la suite de ce concert lorsque le DJ Mattéo mettra le feu au château pour « Une nuit de sabbat ».
Concert pour tous
Enfin, pour clôturer le Festival Berlioz, une Invitation à la danse avec l’Orchestre national du Capitole de Toulouse et le grand chef catalan Josep Pons qui proposent « un tour d’Europe des danses populaires ». Au programme : Le Carnaval romain et Un Bal de Berlioz, l’Alborada des Gracioso de Ravel ou son incontournable Boléro.
« C’est un festival exigeant et populaire à la fois », conclut son directeur qui n’oublie pas de mentionner le soutien indéfectible du Département qui consacre à l’événement un budget de 2,1 millions d’euros, via sa structure Aida (1).
Le festival accueille environ 30 000 spectateurs par édition, propose des concerts gratuits tous les jours sous la halle médiévale, des tarifs accessibles à tous pour les concerts de 17 heures en l’église de La Côte-Saint-André et une politique tarifaire « tu paies ton âge » jusqu’à 15 ans pour les concerts symphoniques de 21 heures. La billetterie a ouvert au mois d’avril.
Isabelle Doucet
(1) Arts en Isère Dauphiné Alpes.