Plafond de prélèvement de loups : la FNO veut aller plus loin
Loup / Alors que de nouveaux assouplissements sont attendus dans la gestion du loup, tous les sujets semblent sur la table. La Fédération nationale ovine (FNO) espère notamment élargir l’accès aux lieutenants de louveterie.
Alors qu’Annie Genevard, ministre de l'Agriculture, a annoncé des assouplissements supplémentaires à venir en matière de gestion du loup, les membres du Caf loup1 ont rencontré le conseiller agricole du Premier ministre le 13 janvier pour lui présenter leurs propositions, selon la Fédération nationale ovine (FNO). « Le Premier ministre a demandé aux deux ministres concernés (Agriculture et Transition écologique, NDLR) d’assouplir toutes les règles régissant les modalités possibles d’intervention, c’est-à-dire concrètement de prélèvements de loups », résume Claude Font, élu FNO en charge du dossier. L’ensemble des sujets semblent donc sur la table et les demandes des professionnels dépassent le seul cadre de l’accès aux tirs de défense. Nombre d’entre elles sont déjà connues et portent notamment sur une nouvelle méthode de comptage des loups, l’incitation à la mise en place des moyens de protection, ou encore l’équipement des tireurs. Parmi les requêtes qui pourraient aboutir, selon la FNO : la possibilité pour tous les éleveurs de recourir aux lieutenants de louveterie et à la brigade loup, sans conditionnalité. L’arrêté mis en consultation fin 2025 réservait cette option aux seuls élevages ayant mis en place des mesures de protection. Par ailleurs, selon un document interne de la FNO, les pouvoirs publics et les professionnels s’accorderaient pour accorder le même régime d’accès aux tirs à toutes les espèces.
Loi d'urgence
Actuellement, les bovins et équins sont soumis à un cadre différent, plus strict. Une mesure qui pourrait être incluse dans la future loi d’urgence agricole, comme déjà évoqué par le ministère de l’Agriculture. Enfin, les représentants des éleveurs veulent aller plus loin sur le plafond de prélèvement de loups. Leurs organisations n’ont pas salué comme une victoire l’augmentation de 10 % annoncée le 9 janvier par Annie Genevard. Cette hausse correspond à une possibilité réglementaire déjà existante et activable si le plafond est atteint en cours d’année. « Dans les faits, cette possibilité n’a encore jamais été utilisée », rappelle la directrice de la FNO, Rachel Legrand. Le syndicat demande un rehaussement pérenne et plus important de ce plafond, alors que le statut de protection du loup a été abaissé au niveau européen. La FNO a rappelé son souhait qu’il ne soit pas uniquement basé sur les effectifs de Canis lupus, mais aussi sur la pression de prédation.
Y. G.
Selon les dernières informations communiquées par la préfecture d'Auvergne-Rhône-Alpes en charge du suivi du dossier, l'Office français de la biodiversité (OFB) estimerait à un effectif moyen de loups de 1 082, en légère augmentation par raport à 2024 (1 013 loups). Cette estimation des effectifs de loups en France issue del’analyse des 2300 données génétiques collectées durant l’hiver 2024-2025 selon la méthode validée en 2024 en groupe national loup.