Sur la route du Trièves
« Le public de mon gîte a une très faible connaissance du Trièves ». Anne Gachet a ouvert son gîte La Bayloune en 2015, à Lavars. Eleveuse de vaches allaitantes, elle a misé sur le tourisme pour compléter ses revenus... et faire découvrir les alentours. A l'entrée de la maison, elle a fait réaliser une carte IGN, la situant « au centre du monde », pour comprendre la position du Trièves, entre Grenoble, Gap et Valence. Elle la complète par quelques livres sur le territoire. « J'aime donner de la lisibilité au territoire. Je leur explique où sont les producteurs, mes bons plans pour se balader... », explique-t-elle, en passant par la Route des savoirs-faire. Depuis l'an passé, une trentaine de producteurs et artisans se sont réunis pour recevoir le public dans leurs fermes et leurs ateliers à l'initiative de la communauté de communes du Trièves.
Sur le site internet de la Route des savoirs faire, chacun peut contacter un adhérent pour venir visiter son établissement. « J'ai toujours accueilli de la clientèle car je veux faire connaître mon projet et participer au développement touristique du Trièves », explique Samuel Delus, viticulteur au domaine de l'Obiou, à Prébois. Il reste disponible toute la semaine en fonction des demandes, sur rendez-vous, pour faire découvrir son métier et son projet de reconquête du vignoble au travers de l'association des Vignes et vignerons du Trièves. Il rappelle tout de même que « l'accueil, ce n'est pas mon métier », là où d'autres adhérents se sont spécialisés dans l'animation et l'organisation de cours dédiés à l'agriculture et à l'artisanat. L'initiative permet autant aux touristes de passage de découvrir la région qu'aux acteurs du territoire d'en découvrir certains pans. « Avant de participer à la Route des savoirs-faire, je ne savais pas qu'il y avait autant de touristes dans le Trièves », explique Samuel Delus. Mais il reste encore à faire, notamment en développant les logements touristiques.
Gîte grandeur nature
Avant de se lancer, Anne Gachet s'est informée auprès de Gîte de France. « J'avais une maison avec une vue magnifique mais je ne savais pas comment le valoriser. Gîte de France est un bon moyen de se positionner et d'être en adéquation avec la demande », raconte l'exploitante. Elle a donc opté pour un gîte de 170 m2, avec quatre épis, pouvant recevoir de 10 à 15 personnes. Elle reçoit donc souvent le week-end, pour les réunions de famille, les anniversaires et les enterrements de vie de jeune fille et de garçon. Même si le temps passe vite, elle profite toujours de quelques instants pour présenter les passerelles himalayennes du lac du Monteynard à deux pas, ou les activités plus sportives tels que le parapente ou le saut à l'élastique. Elle présente aussi où faire ses courses. « Quand on dit aux locataires qu'il n'y a pas de grand supermarché à proximité, ils sont inquiets. Je leur parle alors du marché et des produits du terroir », détaille Anne Gachet. Finalement, après quelques jours, il n'est pas rare que l'exploitante entende « qu'il y a trop de choses à faire, il faut qu'on revienne ». C'est d'ailleurs le cas, certaines familles reviennent déjà d'une année sur l'autre sur la Route du Trièves... en raison d'un certain savoir-faire.