« Un bon Salon, utile et productif pour façonner notre vision de l'agriculture »
SIA / Malgré l'absence des bovins, Fabrice Pannekoucke, le président de la Région, a durant deux jours été au contact des producteurs d'Auvergne-Rhône-Alpes et des responsables professionnels régionaux et nationaux. De quoi nourrir la trajectoire agricole régionale pour relever le défi de la souveraineté alimentaire.
Décidément, l'édition 2026 du Salon de l'agriculture aura été teintée d'une saveur particulière. L'absence des bovins, pour cause de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), a, sans grande surprise, impacté la fréquentation du Salon (- 27,9 %). Pour autant, les agriculteurs étaient au rendez-vous, tout comme leurs représentants, mais aussi des ministres, sénateurs, députés et nombre d'élus locaux… Mercredi 25 février, à l'occasion de la journée Auvergne-Rhône-Alpes, Fabrice Pannekoucke, le président de la Région, a rappelé l'importance capitale de l'agriculture : « Dans notre région, nous ne nous contentons pas d'intentions, mais nous nous donnons les moyens d'une politique agricole ambitieuse ». « Nous étions la première puissance agricole. Cette année, nous connaissons le premier déficit de la balance des paiements agricoles », a regretté le président du Sénat, Gérard Larcher, présent lors de l'inauguration de l'espace Auvergne-Rhône-Alpes. Et d'appeler à un sursaut pour retrouver de la fluidité dans l'acte de production : « L'agriculture, ça nourrit les Français et ça façonne les paysages ».
Festival du bien manger : rendez-vous en juin
Mais la souveraineté ne se décrète pas, elle se bâtit. « Avant, il faut s'interroger sur comment on produit davantage, par exemple en développant l'engraissement, en cultivant des protéines végétales. Nous, à notre échelle, nous pouvons apporter des éléments de réponse, mais ce n'est pas suffisant, il faut aussi travailler aux échelons nationaux et locaux. Après les municipales, il nous faudra aussi mettre les maires dans la boucle pour travailler sur ces sujets-là », a insisté Fabrice Pannekoucke. Le Festival du bien manger, organisé en juin par le conseil régional, sera une occasion de dépasser les concepts pour valoriser les filières régionales et partager des repères concrets autour de l’alimentation : « Bien manger, ce n’est pas simplement consommer local. C’est comprendre comment un produit est élaboré, transformé, cuisiné. C’est aussi intégrer la question de la santé et celle du pouvoir d’achat », a résumé le président de Région. Production, protection (aléas climatiques, sanitaires, prédation), captation de valeur. C'est sur ces trois leviers que la Région entend agir. « Je repars du Salon avec une vision plus claire sur ce que nous devons faire d'ici dix ans. »
Sophie Chatenet
Zoom sur…
Battle de chefs en herbe
Tout au long du Salon, le Hall 1 a vibré au rythme des défis culinaires. Sur le stand de la région Auvergne-Rhône-Alpes, la chambre régionale d'agriculture avait concocté un programme aux petits oignons avec au menu des battles culinaires inspirées de celles de la célèbre émission Top Chef. Ainsi, deux brigades de jeunes lycéens du lycée hôtelier Valéry-Giscard d'Estaing de Chamalières (Puy-de-Dôme) ont réalisé plusieurs recettes à base de bœuf fermier aubrac, de viande salers, charolaise...des fromages AOP de la région, sous l'œil avisé de leur professeur, Frédéric Huret. Pour finir, c'est le public qui avait le dernier mot en votant pour son plat préféré.