Anciens exploitants
Attentifs aux évolutions sociétales
Comme chaque année, la section des anciens exploitants de la FDSEA a tenu ses réunions inter-cantonales dans tout le département. Si le sujet central reste les retraites agricoles, une explication spécifique sur la fiscalité française a été apportée avec l’intervention des juristes de Cerfrance Isère.
Permettre aux retraités de mieux connaître la fiscalité française pour mieux la comprendre, tel était l’objectif du bureau de la section des anciens exploitants au démarrage de leur tournée cantonale fin 2011. Pour le président Francis Annequin, « <span style="font-style: italic;">si ces réunions doivent évidemment permettre de faire le point sur l’actualité, elles doivent surtout apporter un éclairage précis sur des sujets quotidiens qui concernent nos adhérents. C’est ainsi qu’après avoir traité le droit des successions avec les notaires en 2009, la prise en charge des personnes dépendantes avec le conseil général en 2010, nous avons cette année sollicité Cerfrance pour nous parler de fiscalité car nous sommes tous concernés. D’autant plus qu’en cette année électorale, des choses risquent d’évoluer comme avec l’augmentation de la TVA de 5,5 à 7% ou avec les discussions sur la TVA sociale</span> ». <br><h1> Des pensions de retraite toujours insuffisantes </h1> Sur le dossier des retraites, la revalorisation 2011 de la RCO* n’est toujours pas connue à ce jour. Mais une chose est sûre, elle n’atteindra pas l’objectif annoncé par l’Etat lors de sa mise en place, à savoir porter le niveau de la retraite agricole à hauteur de 85% du Smic. Une pétition nationale pour une meilleure revalorisation des retraites a été lancée en 2011 par la section nationale des anciens exploitants. Elle sera prochainement remise directement au président de la République. « <span style="font-style: italic;">Avant Noël, nous avons rencontré le préfet de l’Isère pour lui faire part de nos revendications </span>», indique Francis Annequin. Une avancée toutefois, après plus d’un an d’attente la mesure permettant d’exclure le capital d’exploitation agricole et les bâtiments d’habitation du recours sur succession sur l'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) ou Minimum vieillesse va enfin pouvoir s’appliquer. La FNSEA estime que ce dispositif permettra d’inciter les anciens exploitants vivant avec des ressources extrêmement faibles à faire appel au Minimum vieillesse. Jusqu’à présent, par crainte de cette récupération sur la succession, de nombreux retraités agricoles renonçaient à son bénéfice. <br><br><h1>L’évolution de notre société en question </h1> Mais au-delà des sujets abordés, l’intérêt de ces rencontres réside également dans le regard que portent les anciens exploitants sur l’évolution de l’agriculture et sur l’évolution de notre société en général. Ces générations qui ont vécu les restrictions alimentaires d’après guerre comprennent difficilement le paradoxe actuel. « <span style="font-style: italic;">Alors que le nombre de personnes à nourrir ne cesse de croître, on décourage les jeunes qui veulent produire. Les bonnes terres agricoles disparaissent à vue d’oeil et les productions nourricières telles que les céréales ou l’élevage sont en permanence montrées du doigt </span>», s’inquiètent plusieurs retraités. Le malaise et l’agacement sont palpables. Ils le sont d’autant plus que ces agriculteurs, qui ont contribué au développement et à la modernisation de la production pour répondre aux besoins alimentaires du pays, ont aujourd’hui le sentiment que de plus en plus de décisions sont prises en dépit du bon sens. Dans leur viseur, certains projets portés ici ou là par des collectivités au pouvoir financier, certes important, mais dont l’approche de l’agriculture nourricière est parfois assez éloignée de celle des anciens exploitants. <br><br>*<span style="font-style: italic;">Retraite complémentaire obligatoire </span><br><br><h6>LP </h6>