Déviation obligatoire pour les récoltes
Coupé en raison de l'affaissement d'une de ses piles, le pont de La Buissière ne permet plus de franchir l'Isère depuis le mois de mai. Les agriculteurs qui exploitent des parcelles en rive droite doivent donc emprunter les déviations pour atteindre le site du Cheylas, situé en rive gauche. La récolte était déjà compliquée pour les nuciculteurs et les céréaliculteurs au regard des aléas météo, son acheminement tient désormais du chemin de croix. Chacun se débrouille comme il peut. Une partie des agriculteurs fait le tour par Pontcharra, d'autres par Goncelin, tandis que quelques-uns vont porter leur grain au silo de la Terrasse. Les trajets sont ainsi rallongés de 15 à 25 kilomètres, ce qui n'est pas sans incidence sur les coûts d'exploitation des récoltes.
Face à cette situation, la Dauphinoise fait jouer la solidarité. La coopérative avait un moment imaginé de créer une nouvelle plateforme sur la rive droite. Mais le coût élevé du projet (100 000 euros) l'a conduite à faire machine arrière. « Nous aidons les agriculteurs par un accompagnement établi selon un barème kilométrique », explique Jean-Marc Lapierre, son directeur de réseau. Un système de dédommagement a été mis en place, qui permet d'atténuer à hauteur des deux tiers le surcoût d'exploitation, estimé à huit euros la tonne.
Combien de temps cette situation va-t-elle encore durer ? Sans doute deux ans. Après les opérations de sécurisation de juin dernier, une phase d'inspection des voutes du pont s'est déroulée en septembre. Les deux piliers fortement dégradés en rive droite doivent être démolis puis reconstruits. « Nous sommes obligés d'attendre les basses eaux, entre fin novembre et janvier, pour entamer la démolition », indique Charles Bich, conseiller général en charge des infrastructures routières. Les déviations ont encore de beaux jours devant elles...