Fleur de France, un parfum d'espoir pour la filière horticole ?
« Un logo, c'est bien, ça aide à communiquer. » Raphaël Serre, avec sa double casquette de pépiniériste et de paysagiste, sait de quoi il parle. Quand il a entendu la proposition du ministre de l'agriculture quant à la création d'un logo « Fleur de France », il s'est dit que ce serait un outil supplémentaire pour faire comprendre à ses clients que la qualité se paie. Comme ses confrères de la filière horticole, le professionnel isérois subit de plein fouet la concurrence étrangère : « Il faut tenir bon et ne pas brader nos prix, explique-t-il. A nous d'expliquer ce qu'il y a derrière le prix de nos végétaux : un savoir-faire, du temps, des précautions... Quand on travail avec du vivant, il y a une fragilité, une main-d'œuvre spécifique, des frais... »
Tenir le choc
À ce jour, 85 % des fleurs et plantes commercialisées en France viennent de l'étranger, des Pays-Bas mais aussi du Kenya, d'Amérique du Sud. La production française a du mal à tenir le choc. Pourtant les professionnels ont depuis longtemps réfléchi à la question d'un label. « Cette histoire de logo, c'est une annonce qui reprend une idée travaillée syndicalement, décrypte François Félix, de la Fédération nationale des producteurs de l'horticulture et des pépinières (FNPHP). Derrière, il y a une démarche à construire et un cahier des charges à établir. Le ministre nous brusque un peu, mais il ne faut pas laisser passer l'occasion. Il nous demande de faire des propositions, nous lui ferons. » Reste que de nombreux professionnels se demandent si le logo doit se limiter à la seule promotion des fleurs coupées, ou s'il doit s'appliquer à l'ensemble de la production horticole française. Affaire à suire...