Le Glandon dit non au loup
Une petite centaine d'éleveurs, beaucoup d'élus et notamment des parlementaires ont répondu présents à "l'appel des Six", les six maires d'Isère et de Savoie des vallées des Villards, des Arves et de l'Eau d'Olle mobilisés face à la recrudescence des attaques de loups en estive et organisateurs des « Etats généraux du pastoralisme et des loups de l'Arc Alpin » le lundi 18 août au col du Glandon. « Entre le 12 juillet et le 1er août, il y a eu sept attaques dans le secteur sur trois élevages différents », explique Pierre-Yves Bonnard, le maire de Saint-Colomban-des-Villards. Face à une situation jugée « explosive », les six maires des communes alentours ont décidé en urgence de provoquer cette tribune en direction des éleveurs, des élus de montagne et des organisations professionnelles agricoles pour faire le point sur la situation et rédiger une motion portée aux ministres de l'Agriculture et de l'Environnement.
De cette assemblée où le loup n'avait guère de défenseurs se dégageait un sentiment d'exaspération après 20 ans de lutte pour trouver des solutions face à la pression du prédateur. « Nous voulons des actes concrets », a lancé Luc Etellin, président du syndicat des éleveurs de moutons de Savoie. Il préconise l'exclusion du loup des zones pastorales « sinon, ce ne seront que des friches, les paysages vont se fermer et il n'y aura pas de renouvellement des éleveurs ». Même discours chez Michèle Boudoin, secrétaire générale de la FNO. Protéger l'économie agricole, stopper les coûts liés aux dégats des loups « qui impactent le budget de l'agriculture et non pas celui de l'environnement », l'éleveuse rappelle également que le « loup est désormais présent dans 22 départements » et se rapproche des zones urbaines.

Obligation de résultat
Les limites des mesures de protection, comme la dangerosité des patous et leur effet répulsif sur la fréquentation de la montagne, mais surtout le caractère vain des autorisations de prélèvement, ont alimenté le débat. Pas un loup n'a été abattu cette année en dépit des 36 prélèvemements autorisés dans le cadre du Plan loup. Des arrêtés préfectoraux systématiquement remis en cause par les textes, des décisions tardives ou inadéquates : les éleveurs crient « assez ». C'est la raison pour laquelle la motion rédigée lundi dernier « réclame d'urgence une régulation opérationnelle du loup avec des moyens adaptés et obligation de résultat, avec une réactivité réelle des pouvoirs publics prenant en compte les situations de détresse locale. Ces décisions pourraient être prises au niveau local en mobilisant notamment les chasseurs, et appelées à se traduire en plan de chasse, et dont la charge ne repose pas sur les seuls éleveurs ». La motion exige également « un déclassement du loup de la Convention de Berne et de la Directive habitat, de façon à sécuriser le cadre juridique facilitant la régulation des loups ».
Dans leur combat, les éleveurs ont reçu le soutien opportun des chasseurs. « Il existe des solutions conrètes, a lancé Eric Grange vice-président de la fédération de chasse de Savoie en direction des parlementaires. Travaillez les textes et laissez-nous faire ce que nous savons faire ». Il estime que si les mêmes moyens sont alloués au loup qu'au grand gibier, la solution sera la même. « Le loup ne doit pas nuire à l'activité humaine » a réafirmé pour sa part Marie-Noëlle Battistel, députée de l'Isère, qui souligne que les parlemenaires sont désormais nombreux à être conscients de la problématique loup. C'est ce qu'assure sa consœur savoyarde Béatrice Santais prête à « mener la bagarre pour modifier les textes dans notre pays » et qui défend le pragmatisme « pour permettre déliminer le loup au bon moment ».
Isabelle Doucet
Retrouvez le texte de la motion et les réactions des parlementaires sur terredauphinoise.fr