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Collectivités

Les maires ruraux en campagne

L'assemblée générale de l'Association des maires ruraux de l'Isère portaient des accents de précampagne municipale, avec des élus venus en nombre partager leurs inquiétudes sur les réformes en cours.
Les maires ruraux en campagne

Il a fallu rajouter des chaises toute la soirée pour accueillir les maires des communes rurales de l'Isère venus très nombreux participer à l'assemblée générale de leur association, vendredi dernier à Saint-Hilaire-de-la-Côte. La réunion sonnait comme une mobilisation générale, à la veille de la campagne des municipales de 2014. Certains se représenteront, d'autres pas, à l'image d'Andrée Rabilloud, présidente des maires ruraux de l'Isère (AMR38) et maire de Saint-Agnin-sur-Bion. L'élue a rappelé les « deux gros dossiers » qui ont particulièrement intéressés les maires des petites communes en 2013, celui relatif à la réforme de l'État en matière d'aménagement du territoire et de modernisation de l'action publique, et la réforme de rythmes scolaires. Sur le volet éducatif, les maires ruraux réclament toujours de report des fonds non utilisés en 2014 et pointent leur difficulté à recruter du personnel. Une nouvelle version du guide de la réforme des rythmes scolaires devrait être élaborée par le ministère de l'Éducation nationale.

Dans le courant de l'année, les élus ruraux ont interpelé les parlementaires sur le projet de fléchage d'une partie (environ 40 millions d'euros) de la Dotation d'équipement des territoires ruraux (DETR) vers des services mutualisés. Pour l'association, si le principe de réduction de la fracture territoriale est louable, son mode de financement, en revanche est « inacceptable ». Et de regretter également la suppression de cette aide à l'ingénierie que représente l'Atesat.

Cet été, les élus ruraux ont aussi travaillé à la réintégration de communes iséroises en Zone de revitalisation rurale (ZRR), passant ainsi de 25 communes initialement classées à 62. Par ailleurs, ils s'érigent contre le projet de loi de modernisation de l'action publique qui attribue aux métropole la compétence d'autorité organisatrice de la distribution d'électricité. « Il serait préjudiciable, au regard du rôle incomparable que joue l'électricité (...) dans le développement des territoires, de remettre en cause l'organisation actuelle incarnée par les syndicats d'énergie départementaux, garante de la solidarité et de la cohésion des territoires », a affirmé la présidente iséroise. Enfin, autre source d'inquiétudes, le redécoupage des cantons en 2015 devrait voir leur nombre passer de 58 à 29 en Isère. « Mais ce qui est plus grave pour nous, est la répartition sur notre territoire », a indiqué Andrée Rabilloud, qui y voit « un renforcement du poids des zones urbaines et un affaiblissement des zones rurales » et s'interroge sur leur future représentativité au sein de l'hémicycle départemental.

Ayant trouvé un tribune attentionnée, le député-maire de Penol, Jean-Pierre Barbier s'est fait le chantre de la ruralité, défendant ses valeurs de modernité, de solidarité et environnementales. Seul rempart contre la baisse des aides de l'État, il défend également le principe d'une « intercommunalité choisie », exhortant qu'on laisse des compétences aux communes.

Isabelle Doucet

L'association des maires ruraux de l'Isère, qui compte 251 adhérents, en a réuni une très grande partie à Saint-Hilaire-de-la-Côte vendredi dernier. A la tribune (de g. à d.), Michel Fournier,
vice-président et secrétaire général de l'AMRF Vanik Berberian, président de l'AMRF,Jean-Claude Courteau, vice-président de l'AMR38, Nicola Kada, professeur de droit, Andrée Rabilloud, présidente de l'AMR38 et Anne Bérenguier-Darrigol, maire de Saint-Hilaire-de-la-Côte et Lionel Lemoine, sous-préfet de Vienne.