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Elections municipales

Mandat difficile en perspective

L'année 2014 inaugure une série de changements dans les communes et communautés du département. Changement d'équipes municipales, nouvelles attributions pour les communes et les communautés, casse-têtes budgétaires... L'association des maires de l'Isère (Ami) entrevoit des "réorganisations difficiles, mais passionnantes".
Mandat difficile en perspective

A deux mois des élections municipales et communautaires, l'association des maires de l'Isère (Ami) avertit : 2014 inaugure une série bouleversements à venir. « Il ne faut pas se le cacher : le prochain mandat sera difficile, notamment à cause du partage de la dette », a déclaré le président, Daniel Vitte, le 14 janvier, lors des vœux de l'Ami à la presse, faisant allusion au fait que l'Etat compte associer les collectivités territoriales à la « grande cause nationale » de réduction de la dette publique... tout en leur confiant de nouvelles missions. Les communes ont-elles les moyens financiers de résoudre la quadrature du cercle ? « Nous avons pris l'habitude, sourit Daniel Vitte. Rappelez-vous le service minimum d'accueil : les collectivités ont mis en place ce que l'Etat leur imposait. Incontestablement, ce sera difficile. Les impôts locaux sont au niveau maximum. Il faudra que nous soyons de plus en plus pédagogues et que nous expliquions à nos administrés que nous ne pouvons pas tout faire. Et que les intercommunalités peuvent prendre le relais. »

Cheval de bataille de l'Ami, l'intercommunalité se présente en effet cette année comme la «grande cause départementale». Pour le président de l'Ami, les maires élus, ou réélus, en mars prochain, entameront un « mandat charnière» en terme d'organisation des collectivités : « Nous sommes probablement à la veille de réorganisations difficiles, mais passionnantes ». En jeu : les rapports entre les communes et les intercommunalité. Et donc la répartition des rôles. Si l'Ami acte ces évolutions en créant un nouveau conseil des communautés iséroises, la question continue d'alimenter les conversation, et parfois les rancœurs, dans les campagnes. Certains élus, notamment dans les plus petites communes, « se sentent démunis et se posent des questions », prévient Bernard Gillet, maire de Viriville.

Logiques de territoire

Il faut donc prendre en compte les réalités de terrain... tout autant que le principe de réalité : « La diminution des financements impose aux communes de se réorganiser, constate Yannick Neuder, maire de Saint-Etienne-Saint-Geoirs et vice-président de l'Ami, délégué à l'intercommunalité. Il nous faut trouver des logiques de territoire et redéfinir les compétences de chacun. » Pour ce qui concerne l'ingénierie ou la mutualisation des moyens dans des dossiers comme la gestion de l'eau, des ordures ménagères ou désormais les dispositifs liés à la réforme des rythmes scolaires, l'organisation intercommunale ne pose généralement pas de problème. Le débat est plus sensible lorsque l'on évoque le foncier, les plans locaux d'urbanisme (PLU) et les futurs PLUI (PLU intercommunal). Mais Daniel Vitte se veut confiant : « Les élus ont compris qu'il fallait rompre avec les décennies de consommation de l'espace. Une étape est franchie. Maintenant, la question du foncier se posera toujours. » Christian Coigné, maire de Sassenage, ajoute : « Tout le monde est consommateur d'espace agricole : la logistique, les logements... Il faut être vigilant. Et ce d'autant plus que la loi de finances va taxer de façon importante le foncier non bâti. Les propriétaires vont avoir tendance à vouloir vendre. »

Autre bouleversement d'importance cette année : la parité. Sur le principe, tout le monde s'accorde à dire que c'est une bonne chose. Le problème se corse lorsqu'il s'agit de l'appliquer et de constituer des listes avec des binômes paritaires. Le maire de Sassenage témoigne : « Beaucoup d'hommes sont volontaires pour être moteurs. Pour les femmes, c'est plus compliqué. Les mentalités n'ont pas encore suffisamment changé. Une incitation à la parité aurait été préférable à l'obligation. » Car la famille fait parfois obstacle. Et un élu de rapporter que, dans sa commune, il avait trouvé une femme, jeune, active, motivée, qui, après avoir accepté, a du faire machine arrière : depuis sa décision, son mari ne lui adressait plus la parole...

Marianne Boilève

 

Nouveauté 2014 : le conseil des communautés iséroises

Pour répondre aux besoins des intercommunalités, l'Ami se dote cette année d'un nouvel outil : le conseil des communautés iséroises. Pensé comme un cadre de réflexion aux intercommunalités iséroises, cette instance aura pour mission de se saisir de toutes les thématiques intéressant l'intercommunalité, « en ayant toujours en tête de maintenir le lien indissoluble entre communes et communautés », tient à souligner Daniel Vitte. Chaque communauté sera représentée par un membre, qu'elle aura elle-même désigné. Les travaux du conseil seront placés sous la responsabilité du vice-président de l'Ami délégué à l'intercommunalité. « Le conseil sera un creuset de réflexion, explique Yannick Neuder, maire de Saint-Etienne-Saint-Geoirs et président de la communauté de communes Bièvre-Chambaran. Il existe un besoin d'expression des communautés. Chaque fois qu'il faudra faire des choix, le conseil rendra un avis. » La nouvelle instance se réunira pour la première fois en mai... après les élections municipales.
MB