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VERCORS

« Où sont les moyens alloués à la montagne ? »

Guy Durand, président de l?Association pour la promotion des agriculteurs du parc régional du Vercors (Apap) fait état de l?intérêt et des contraintes qui pèsent sur une agriculture intégrée à un parc.
 « Où sont les moyens alloués à la montagne ? »

Le parc naturel régional du Vercors est né en 1970. « C?était un parc qui avait les moyens, affirme Guy Durand, le président de l?Apap. Mais aujourd?hui, il y a beaucoup plus de parcs en Rhône-Alpes alors que l?enveloppe reste constante. » Pour autant, en plus de 40 ans, il mesure le chemin parcouru. « C?est une agriculture plus propre, plus raisonnée, plus belle. Il ne s?agit pas d?une agriculture moderniste. Les actions menées par les parcs s?orientent plutôt vers la biodiversité ». Mais il reste très vigilant quant à la question des financements. Il cite en exemple le deuxième contrat de rivière signé par le Vercors, et la demande particulière faite sur la maîtrise des épandages. « Quand elle est assortie de moyens, cela passe mieux auprès des agriculteurs. Le premier contrat avait porté sur la mise en place de stations d?épuration, le deuxième, sur l?épandage, mais l?enveloppe de 5 millions d?euros ne couvre plus que 50% des investissements nécessaires. Or, cela implique des engagements importants comme la création de fosses à lisier. On demande aux agriculteurs de mettre la main à la poche, au-delà du raisonnable. » L?agriculture de montagne, qui est surtout centrée sur l?élevage, a-t-elle les moyens de faire face à de tels cahiers des charges ? Un parc de montagne, comme Belledonne ou le Vercors, c?est une économie particulière, avec ses spécificités, sensible aux équilibres. Guy Durand rappelle également le rôle de préservation de cette agriculture et le terrain d?expérimentation qu?elle offre aux acteurs du parc. Alors, de son côté, « La région pourra-t-elle encore supporter un nouveau parc ? Quels seront les choix politiques. Comment seront réparties les aides. Où sont les moyens alloués à la montagne ? » interroge l?agriculteur.

Porté par le parc

Guy Durand le reconnaît, dans de nombreux dossiers, le parc a été un formidable vecteur pour l?animation et la promotion des activités locales. « Sans lui, nous n?aurions pas été précurseurs dans la mise en place des filières courtes ». Sans parler de l?AOP du bleu. « Pas sûr que le dossier aurait abouti si le syndicat n?avait pas été porté par le parc ». Aujourd?hui, c?est celui de la reconnaissance de la race de cheval du Vercors qui est en attente et là aussi, les éleveurs ont bon espoir. Et puis, il y a les effets non quantifiables comme l?habitude prise de travailler en commun. « Même si les agriculteurs de montagne ont toujours fait cela, le parc le favorise ». Reste un déficit de reconnaissance. Certes, les agriculteurs se savent écoutés de leurs élus, mais ils craignent que cela ne soit pas suffisant.

Isabelle Doucet