Plus jamais seul
La mission de l'association Ecout'agri est l'écoute et l'accompagnement. C'est avant tout un lieu de parole et de confiance, qui permet de sortir du non-dit. Le lieu où l'on peut explorer les possibles et où il existe des solutions. Les accompagnateurs élaborent un plan d'actions mis en oeuvre au rythme des personnes qu'ils rencontrent. Une trentaine de bénévoles, dont sept actifs, couvrent le département. Ce sont des retraités issus du milieu professionnels ou d'organismes agricoles. Créée en 2000, l'association est bien implantée en Bièvre-Liers et dans le Nord Isère. En 2013, elle a suivi 42 dossiers : difficultés économiques, problèmes de santé, physiques et psychologiques, problèmes techniques et de production, problèmes juridiques et administratifs, difficultés relationnelles, de famille, de Gaec, problèmes de logements. L'association a identifié quinze à dix-huit problématiques différentes. Il n'y a pas un seul problème, mais beaucoup de problèmes. La moyenne d'âge des personnes accompagnées est de 43 ans et le niveau de formation assez élevé. Ecout'agri pratique une approche globale. Tous les bénévoles ont une formation à l'écoute et à l'accompagnement. Ils travaillent en binôme. Les dossiers traités exigent un suivi de quelques heures à plusieurs années.
La démarche Sillon dauphinois fonctionne aussi en binôme - un référent pour le volet économique et un pour le volet social - lorsqu'il intervient auprès des personnes. Ce dispositif est né en 2006, sur l'initiative de la MSA et de la chambre d'agriculture, après que la sècheresse de 2003 eût révélé les fragilités du monde agricole. Le Conseil général et la DDT apportent leur soutien. Dix travailleurs sociaux de la MSA et sept conseillers de la chambre d'agriculture sont sur le terrain. En 2012, le Sillon dauphinois a suivi 369 chefs d'exploitation, soit 428 personnes. Sur 3 000 exploitations professionnelles en Isère, cela représente 10 à 15% de la population agricole. Ces chiffres sont stables. Tendance observée : si les situations sont détectées plus tôt, en revanche, elles apparaissent de plus en plus complexes.
Des partenariats
Cela fait partie de la mission des associations comme Ecout'agri et du dispositif du Sillon dauphinois : faire en sorte que les institutions, qui sont au contact des agriculteurs, ne restent pas, lorsque cela est nécessaire, dans le seul rôle d'accompagnement technique, mais soient en mesure de faire remonter un constat de fragilité, pour mettre en oeuvre une action efficace. Un travail d'information est mis en place auprès des institutions depuis 2006. Les Cuma, les services de remplacement, les syndicats, les élus sont autant de partenaires capables de jouer leur rôle d'alerte dès lors qu'ils ont connaissance d'une situation. Pour une personne en difficulté, il est en effet plus facile d'être contactée par une association qui lui demande la permission de la rencontrer, que de décrocher son téléphone pour demander de l'aide. Les associations se font fort d'être réactives, à condition d'avoir connaissance des situations. Elles sont une main tendue.
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