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Qualité de l'air

Pollution : le seuil d'alerte est dépassé

Démarré en début de semaine, l'épisode de pollution s'aggrave. Aux causes classiques (industrie, circulation, chauffage...) s'ajoutent les particules émises par les épandages de printemps.
Pollution : le seuil d'alerte est dépassé

Malgré une faible circulation automobile (congés scolaires) et une limitation des émissions dues au chauffage en raison de l'atmosphère printanière, les concentrations en particules provoquent d'importants pics de pollution dans toute la région Rhône-Alpes. Depuis hier, toutes les zones sont en niveau d'alerte. Que se passe-t-il ? Air-Rhône-Alpes, l'organisme de surveillance et d'informations sur l'air, explique que cette augmentation est due à la situation météorologique (beau temps et masses d'air stagnantes), mais aussi à une élévation générale des concentrations dans toute la France.

« L'air ne connaît pas de frontière »

En cause : le cocktail classique de particules fines émises par l'industrie, la circulation atmosphérique et le chauffage, auquel s'ajoutent des émissions de particules d'origines agricoles. « Chaque année, nous sommes confrontés au même phénomène, déclare Marie-Pierre Vagnot, coordinatrice de l'observatoire régional. Mars est le mois des grands épandages de lisier et d'engrais en France et en Europe. Comme l'air ne connaît pas de frontières, les particules de nitrate d'amonium émises par ces épandages s'ajoutent aux autres, les émissions du territoire s'homogénéisent, et cela donne la situation que nous connaissons. » Et la spécialiste d'évoquer également l'impact négatif des brûlages de feuilles ainsi que celui des feux de cheminée que les particuliers allument le soir pour éviter de remettre le chauffage central en route : « Les pics de poussière sont très nets le soir et la nuit », indique-t-elle.

La FRSEA réagit

Ayant pris connaissance du communiqué d'Air Rhône-Alpes en date du 12 mars dans lequel il était indiqué que l'épisode actuel de pollution de l'air est « dû très vraisemblablement à des émissions de particules d'origine agricole », Jean-Pierre Royannez, président de la Frsea Rhône-Alpes, a déploré la mise en cause des pratiques agricoles. Dans un communiqué publié le 13 mars, il rappelle qu'Air-Rhône-Alpes « a comme partenaires  les représentants de l'Etat, des collectivités territoriales et locales, des professionnels de l'industrie et du transport et des associations de consommateurs, de protection de l'environnement, ainsi que des personnalités qualifiés (scientifiques, professionnels de santé). Cette association est « très vraisemblablement » incompétente en matière agricole, car il faut être au mieux ignorant, au pire mal intentionné, pour mettre en cause les émissions de particules d'origine agricole dans cet épisode de pollution de l'air observé en région Rhône-Alpes. Les cartes accolées au communiqué indiquent de plus clairement que l'origine des particules est liée au trafic routier et aux industries... Les quelque 220 000 voitures qui franchissent chaque jour les portes du Grand Lyon sont sans aucune commune mesure avec l'activité des tracteurs agricoles,  alors même que les travaux agricoles ne reprennent que progressivement en cette saison. »

Recommandations

Démarré le 7 mars, l'épisode de pollution devrait se poursuivre dans les jours à venir, voire s'aggraver avec le retour à la « normale » de la circulation automobile en début de semaine prochaine. En effet, les conditions météo évoluent peu et restent favorables à l'accumulation des particules. Le dispositif préfectoral d'alerte déclenché en début de semaine est donc maintenu. Il comprend, outre le maintien des limitations de vitesse, un ensemble de recommandations sanitaires et comportementales.

 

 

 

Vitesse limitée sur les axes routiers

La vitesse maximale autorisée est de 70 km/h sur les tronçons autoroutiers et routiers de l?agglomération grenobloise suivants :

- A48 du péage de Voreppe à Grenoble (Porte de France) ;
- A41 du péage de Crolles à Meylan (carrefour de la Carronnerie) ;
- RD1090 de Meylan (carrefour de la Carronnerie) à Grenoble (Pont de l?Isère) ;
- A480 sur la totalité (depuis limite A48 jusqu?au carrefour de Varces A480 / RD 1075) ;
- A51 du péage de Vif à Claix (limite A51 / A480) ;
- RN87 dite « Rocade Sud »
- RN85 depuis la sortie N°8 située sur A480, sens Nord-Sud, jusqu?au carrefour giratoire situé à l?intersection de la N85 et de la RD 2085 A (fin de la déviation de Pont-de-Claix), sur la commune de Champagnier.

En dehors de ces axes et sur les territoires concernés par le pic de pollution atmosphérique les véhicules légers doivent respecter une vitesse inférieure de 20km/h par rapport à la vitesse maximale autorisée, si cette dernière est supérieure à 70 km/h.