Relais du monde rural
Pas toujours facile, mais vraiment utile. A les écouter parler, on se rend rapidement compte que l'action des délégués MSA a quelque chose du travail de fourmi. « Notre rôle, c'est d'être à la portée des gens, de les écouter pour faire remonter les informations, les difficultés », résume François Rozier, lors de sa permanence sur le stand de la MSA le 13 septembre, à la foire de Beaucroissant.
Malaise
Des gens en difficultés, François Rozier en a croisé beaucoup dans sa vie. « Nous ne sommes pas là pour régler le problème nous-mêmes, mais pour le faire remonter et aider à trouver des solutions », explique cet ancien producteur de volaille, ardent partisan du mutualisme agricole, délégué MSA lui-même et président du territoire Isère rhodanienne. A l'appui de son propos, le bénévole évoque l'action que lui et son équipe ont lancée en direction des aidants de Beaurepaire. Il y en a beaucoup dans cette petite commune rurale, mais ils sont souvent livrés à eux-mêmes. « Nous nous sommes aperçus qu'il y avait un malaise chez eux, raconte le bénévole. En novembre dernier, à l'occasion de la Journée nationale des aidants, nous avons décidé d'organiser une pièce de théâtre pour qu'ils prennent conscience de ce malaise, qu'ils réalisent la souffrance dont ils peuvent être prisonniers et qu'ils parlent de leurs difficultés. »
Ce soir-là, dans la salle polyvalente de Beaurepaire, plus de plus de 150 personnes assistent à la représentation. A l'issue du spectacle, construit sur le monde du théâtre-forum, la plupart acceptent de s'inscrire à des ateliers de suivi des aidants, portés par la MSA et ses partenaires, notamment l'association d'aide au répit Bulle d'air. « Le but était qu'ils se reconnaissent le droit d'être aidés et de reprendre leur souffle », insiste François Rozier. Visites médicales gratuites et ateliers pour apprendre à se ménager tout en s'occupant de ses proches ont été organisés dans la foulée. « Ça a bien marché, car Bulle d'air, grâce à une subvention de l'Agence régionale de santé, a pu s'engager à remplacer les personnes auprès des aidés le temps de l'atelier. »
Cette opération pilote, qui devrait être dupliquée dans d'autres départements, illustre bien l'action concrète des délégués au cœur des territoires. François Rozier et ses collègues bénévoles ont donné de nombreux autres exemples de leur action durant les deux jours de permanence sur le stand de la MSA. « On entend souvent dire que les délégués ne servent à rien, déplore Françoise Novat, bénévole de Marcollin. Nous sommes là pour faire le lien. Sur le stand, on explique aussi pourquoi on cotise ! »
Démystifier internet
Hyper-active, la jeune retraitée sait de quoi elle parle. Après une double carrière de formatrice en comptabilité et d'exploitante agricole, elle a décidé de mettre ses compétences au service des autres. Depuis deux ans, elle co-anime des ateliers en ligne pour « démystifier internet et montrer qu'on n'a pas besoin d'être ingénieur pour l'utiliser ». A partir du site de la MSA, elle aide les adhérents à prendre en main l'outil et à découvrir l'offre de services en ligne. « De nombreux adhérents ne reçoivent plus de papiers, de décompte : tout est en ligne. Beaucoup sont perdus. Le but, c'est de leur faire ouvrir leur espace privé et de leur montrer que ce n'est pas compliqué. »
Partant de là, la formatrice les conduit à explorer les ressources d'internet. « Avant de chercher, je leur explique qu'il faut savoir quoi chercher », précise-t-elle. Les échanges et les exemples tournent autour des besoins liés à l'exploitation. « C'est important en termes d'autonomie, ajoute Françoise Novat. Car être autonome en gestion, c'est la condition pour rester le pilote de son entreprise. » Parole de déléguée... rôdée à la comptabilité.