UE-Australie : accélération des négociations
ACCORD / La stratégie de diversification commerciale de l’Union européenne (UE) se poursuit avec, dans le viseur, l’Australie. Les pourparlers devraient s’accélérer en février, mais les demandes de Canberra sur la viande rouge préoccupent le secteur agricole de l’UE.
Après la signature de l’accord avec le Mercosur (le 17 janvier) et l’annonce de la conclusion des négociations avec l’Inde (le 27 janvier), l’Union européenne devrait, au cours du mois de février, accélérer ses pourparlers commerciaux avec l’Australie en vue de les conclure. Une rencontre entre le commissaire européen au Commerce international, Maros Sefcovic, et son homologue australien, Don Farrell, devrait avoir lieu le 12 février à Bruxelles, selon le porte-parole en chef adjoint de la Commission européenne, Olof Gill. Ces discussions avec l’Australie s’inscrivent dans le cadre de la stratégie de diversification commerciale tous azimuts lancée par l’exécutif européen en raison de la politique tarifaire agressive de Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche. « L’UE est déterminée à renforcer ses relations avec l’Australie, un partenaire stratégique qui partage ses valeurs », a précisé Olof Gill. Et d’ajouter : « Comme toujours, les progrès réalisés dans cette phase délicate des négociations dépendront du fond ». En fonction du résultat de la rencontre, plusieurs médias évoquent un possible voyage de quatre jours en Australie de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à l’issue de la conférence de Munich sur la sécurité (du 13 au 15 février), pour finaliser les discussions.
Viande nerveuse
« Nous n’en sommes pas loin », a affirmé de son côté Don Farrell dans un entretien au média Skynews le 27 janvier, « mais certains points importants, notamment le volume de viande australienne exportée vers l’UE et les conditions d’exportation de ce bœuf vers l’Europe, restent à régler ». Cette perspective n’enchante pas les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) qui mettent en garde : « Toute pression supplémentaire sur ces marchés risque de compromettre la production, l’investissement et la viabilité à long terme de l’agriculture européenne dans ces secteurs ». Il faut dire que l’agriculture est un point de tension récurrent entre les parties. Les négociations ont déjà achoppé en octobre 2023 à Osaka (Japon) en raison de désaccords sur ce sujet. À l’époque, des demandes australiennes de dernière minute visant à accroître sensiblement les volumes d’importation de viande rouge, qualifiées « d’irréalistes » par l’UE, avaient eu raison des pourparlers. Pour l’heure, la Commission européenne a déjà proposé à l’Australie un contingent d’importation de 24 000 tonnes de viande bovine, de 20 000 t de viande ovine, de 8 000 t de poudre de lait écrémé ou encore de 5 000 t de beurre, le tout à droits de douane nuls. Autre sujet agricole sensible : la protection des indications géographiques (IG). Canberra insiste auprès de l’UE pour pouvoir continuer à utiliser le nom de certaines appellations (prosecco, feta, parmesan et pecorino notamment), alors que l’UE a soumis à l’Australie une liste de plus de 400 IG à protéger.
F.M