L’avenir est dans le ring
Alors que la manifestation bat son plein porte de Versailles à Paris, les représentants de l’agriculture iséroise portent les couleurs du terroir aux quatre coins du salon.
Le Salon international de l’agriculture a ouvert ses portes le 20 février sur une 62e édition au format plus original que les précédentes en raison de l’absence de bovins, laissant les ovins prendre toutes leurs aises dans le hall 1.
Parmi les animations phares de l’ouverture du salon, la 21e finale des Ovinpiades des jeunes bergers, organisée par Inn’ovin, a permis à 40 étudiants - dont 17 filles – issus des lycées agricoles, de se mesurer en épreuves individuelles et collectives.
Ce sont les meilleurs jeunes bergers sélectionnés parmi les 1 000 ayant participé aux épreuves de présélection en amont du salon, notamment au lycée de La Côte-Saint-André en décembre 2025.
Parmi les compétiteurs et compétitrices, Éloïse Mure-Ravaud défendait les couleurs de l’Isère.
Étudiante en deuxième année de BTS productions animales au lycée de Cibeins (01), sa famille possède une ferme en polyculture élevage, noix et brebis, à Saint-Romans.
« Ce qui m’intéresse, ce sont les concours et le partage d’expérience avec des passionnés comme on en rencontre aux Ovinpiades, et des professionnels de la filière ovine », confie l’étudiante.
C’est la deuxième année qu’elle participe aux Ovinpiades et se frotte aux différentes épreuves : tri des brebis, évaluation de la santé et de l’état corporel des brebis, parage des onglons, choix d’un bélier, évaluation de l’engraissement des agneaux, quiz de reconnaissance des races et la nouvelle épreuve d’installation d’une clôture électrique alliant rapidité et précision en une course folle dans le sable du ring.
Nouvelle génération d’éleveurs
Avant chaque épreuve, les groupes d’étudiants écoutent attentivement les conseils des professionnels.
« Sur les concours, on apprend et on se compare. On vient de toute la France, on partage nos expériences et chacun apporte un peu de sa culture régionale. Car les races sont différentes et donc les pratiques d’élevage aussi. »
Parmi les épreuves, certaines sont plus difficiles estime Éloïse Mure-Ravaud, comme « la génétique qui est assez pointue, ou bien le parage car il ne faut pas blesser la brebis, ou encore l’état d’engraissement des agneaux où il ne faut pas se tromper sur le poids ».
Après la parenthèse du Salon de l’agriculture, l’étudiante se préparera au concours des écoles d’ingénieur agronome. « Je ne sais pas dans quelle école j’irai, ni si je vais devenir technicienne, éleveuse ou travailler dans la génétique. Mais au moins, ce type d’expérience me permet de voir d’autres exploitations et d’apprendre un maximum de choses », déclare-t-elle.
Qui sait, un jour, elle reprendra peut-être l’exploitation familiale car elle confie son affection pour l’élevage ovin. « J’ai grandi dedans, je suis attachée à mes brebis et c’est plus facile à manipuler que des bovins. Être au contact des animaux me plaît. »
La défenseuse des couleurs de la région Auvergne-Rhône-Alpes, avec deux autres étudiants, s’est classée à la 36e place de ce concours qui fait découvrir au grand public toutes les facettes du métier d’éleveur ovin présentées par une nouvelle génération de professionnels.
Un tournant historique
Les premiers jours du Salon de l’agriculture, sont aussi ceux des dégustations du Concours général agricole où l’Isère s’est particulièrement distinguée dans le concours des vins.
Il faut savoir qu’au moins 30 % des échantillons présentés sont écartés lors des présélections et, parmi les vins qui ont la chance de « monter » à Paris, seulement la moitié pourra prétendre à une médaille.
Les huit médailles remportées par les viticulteurs isérois marquent donc un tournant historique dans la production viticole iséroise qui n’avait jamais atteint un tel palmarès.
C’est aussi une reconnaissance alors que le département compte moins d’une trentaine d’exploitations en IGP Isère et cela, même si le palmarès est rehaussé par les domaines en vins de Savoie de Chapareillan. Pour mémoire, seulement trois médailles avaient été décrochées en 2025.
Quant à l’huile de noix, elle reste constante, assurant toujours un certain nombre de médailles et la qualité d’un produit phare du département.
D’autres distinctions sont encore attendues car le Salon de l’agriculture se poursuit jusqu’au 1er mars qui sera d’ailleurs la journée de présentation des produits isérois au stand de la Région Auvergne-Rhône-Alpes (Hall 7-3).
Isabelle Doucet
Concours général agricole
Les médailles iséroises
10 h 00 -11 h 15 : bleu du Vercors AOP et noix de Grenoble. Recette proposée : conchiglionis farcis au bleu du Vercors et noix de Grenoble, filament de magret fumé.
12 h 00 – 13 h 45 : Gratin dauphinois. Recette proposée : gratin Dauphinois à la crème fumée.
14 h 00-15 h 00 : Jeu culinaire. Recette proposée : omble chevalier laqué à la flamme et œufs de truite.
15 h 30-17 h 15 : saint-marcellin IGP / saint-félicien. Recette proposée : apprendre à faire une crème de saint-marcellin ou saint-félicien et astuces pour la pimper.
∙ Vins
IGP Isère :
Or : Chevalier Bayard, Pontcharra, rouge, millésime 2024 (persan)
Argent : Domaine Rutissons, Le Touvet, rouge, millésime 2024 (persan)
IGP Balmes dauphinoises :
Argent : EARL Noël Martin à Saint-Chef, blanc, millésime 2025 (chardonnay)
Argent : EARL Noël Martin à Saint-Chef, rouge, millésime 2024 (syrah)
Bronze : Gaec Domaine Meunier, Sermérieu, blanc, millésime 2025 (chardonnay)
IGP Coteaux du Grésivaudan :
Or : Chevalier Bayard, Pontcharra, blanc, millésime 2025 (pinot gris)
Roussette de Savoie :
Argent : Chevalier Bayard, Pontcharra, blanc, millésime 2025
Vins de Savoie Abymes :
Or : EARL René Julien, Chapareillan, blanc, millésime 2025
∙ Charcuterie
Or : Boucherie du Grand Lemps, jambon cuit non fumé à l’ancienne
∙ Huile de noix /Huile de noix extraite à chaud :
Or : SARL Huilerie de Tencin
Bronze : Atelier de la noix de Léa, à Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs
Bronze : Gaec des Murailles à Tullins
Bronze : Gaec du Rocher à Saint-Geoirs
∙ Bières
Bière blonde de haute fermentation - TAV supérieur à 6 % (Couleur inf à 14 EBC)
Argent : La Sulfureuse, SAS La Furieuse à Sassenage
Bières sans alcool :
Bronze : Fugazi, SAS La Furieuse
∙ Fromages :
Fromage au lait de vache à pâte molle et à croûte fleurie
Or : Délice De Saint Félicien, Fromagerie de Vinay
Fromages à raclette :
Or : Raclette aux trois poivres, Fruitière de Domessin à Val-de-Virieu
Or : Raclette fumée au bois de hêtre, Fruitière de Domessin
Argent : Raclette nature, Fruitière de Domessin
Saint-Félicien :
Bronze : Fromagerie du Dauphiné à Têche