Manifestation des agriculteurs à la Tour-du-Pin et à Vienne
Les agriculteurs de l'Isère ont répondu au mot d'ordre de la FDSEA et de Jeunes agriculteurs pour manifester ce vendredi 9 janvier devant les sous-préfectures de La Tour-du-Pin et de Vienne. Cette mobilisation visait à maintenir la pression sur les pouvoirs publics concernant : le Mercosur, l’avenir de la PAC, le MACF et la taxe sur les engrais, la prédation du loup et la défense de l’élevage.
Une cinquantaine d'agriculteurs à bord d'une vingtaine de tracteurs ont investi ce vendredi 9 janvier vers 11 heures la place du champ de Mars à La Tour-du-Pin.
Ils se sont mobilisés à l'appel de la FDSEA de l'Isère et de Jeunes agriculteurs à l'heure où à Bruxelles, les ambassadeurs des pays européens votaient en faveur de l'accord sur le Mercosur, la France n'ayant pu rassembler une minorité de blocage.
Cette mobilisation visait en effet à maintenir la pression sur les pouvoirs publics concernant : le Mercosur, l’avenir de la PAC, le MACF et la taxe sur les engrais, la prédation du loup et la défense de l’élevage.
La délégation reçue en sous préfecture. C ID TD
Une délégation d'agriculteurs a été reçue par le sous-préfet de La Tour-du-Pin, Richard-Daniel Boisson, et la maire de la ville, Fabienne Rajon.
Un sacrifice pour de nombreuses filières
Aurélien Clavel, président de la Chambre d'agriculture et secrétaire général de la FDSEA, recontextualise la manifestation.
« Ce mouvement a été déclenché il y a plusieurs jours voire plusieurs semaines car nous arrivons à des échéances nationales et européennes et nous souhaitons mettre la pression sur l'Etat sur différents dossiers. »
Le syndicaliste cite en premier l'accord UE–Mercosur auquel les agriculteurs s’opposent fermement et jugé dangereux pour l’agriculture. Il rappelle que cet accord favoriserait l’importation de produits agricoles (viande bovine, maïs, betterave, noix, miel, etc.) produits avec des normes moins strictes, alors que les agriculteurs européens subissent déjà de fortes contraintes. Cette situation est perçue comme une injonction contradictoire et un sacrifice pour de nombreuses filières agricoles.
Une demi-victoire
La taxe sur les engrais (MACF) est un deuxième point de mécontentement car une hausse de cette taxe sur les engrais aurait eu des conséquences graves pour des exploitations déjà en difficulté confrontées à une hausse des charges, des pertes de rendement ou impasses phytosanitaires.
« Une demi-victoire a été obtenue" explique Aurélien Clavel. Annie Genevard, la ministre de l'Agriculture a en effet annoncé que cette taxe ne s’appliquerait pas à l’agriculture. Mais là aussi, il faut qu'on le voit concrètement dans les faits », estime le président de la chambre d'agriculture.

Une vingtraine de tracteurs était à La Tour-du-Pin. C ID TD
« Le troisième dossier à dimension européenne concerne le budget de la PAC », ajoute-t-il.
« Les discussions européennes évoquent une baisse de 20 % du budget de la PAC, alors que d’autres puissances mondiales augmentent leur soutien à l’agriculture ». Alors que l'agriculture et les denrées alimentaires deviennent « une vraie arme au niveau international », il juge cette perspective inadmissible. L’État a annoncé cependant garantir aucune baisse du budget PAC pour les agriculteurs français, là encore sous réserve de confirmation concrète.
Des solutions aux dégâts de gibier
En sous-préfecture, il a été aussi question de problématiques locales.
Dégâts de gibier sont importants dans certaines zones, notamment autour d’espaces protégés où la chasse est limitée. Les agriculteurs en subissent les conséquences et demandent des solutions concertées.
Prédation du loup demeure un sujet sensible. Bien que le statut du loup ait évolué au niveau européen et que des tirs de défense soient facilités, le quota de prélèvement reste un point de blocage. Les agriculteurs demandent le droit de protéger leurs troupeaux après chaque attaque.

Les responsable de la FDSEA de l'Isère lors de la mobilisation. C ID TD
Enfin, la gestion de l’eau et le curage des fossés présentent de véritables entraves pour les agriculteurs. Ils dénoncent le manque d’entretien qui entraîne des inondations de terres agricoles. Un engagement a été pris pour organiser une réunion avec les collectivités et les services concernés afin de faire avancer ce dossier.
Des engagements clairs
Après avoir fait un grand feu devant la sous-préfecture, les agriculteurs sont repartis en direction de l'échangeur de l'autoroute où ils ont déposé deux bennes de pailles et déchets végétaux en signe de protestation.

Les agriculteurs sont arrivés avec des bennes remplies. C ID TD
Ces mobilisations ont toutes les chances de se poursuivre dans la mesure où les agriculteurs ne s'estiment pas entendus en dépit des nombreux échanges qu'ils peuvent avoir à tous les niveaux de l'administration.
Ils souhaientent obtenir des engagements clairs de l’État et à faire avancer des dossiers locaux concrets, essentiels à la survie des exploitations.
Isabelle Doucet

C ID TD
Manifestation à l'appel de la FDSEA-JA aussi à Vienne
A Vienne, de nombreux agriculteurs ont aussi répondu à l'appel de la FDSEA et des JA. Ils se sont retrouvés dans la matinée devant la sous-préfecture et ont rencontré le sous-préfet Rémy Darroux.
Les sujets abordés étaient le Mercosur, notamment la question de la quantité de produits importés et des pesticides interdits en France ; la TGAP ; le dégrèvement de la TFNB ; un budget PAC à la hauteur toute production confondue ; le dossier du réseau d'irrigation sur le plateau de Louze et la demande d'une étude de 400 000€ (qui n'est pas indispensable s'insurgent les agriculteurs) ; les normes environnementales et les surtranspositions franco-française et enfin, la délagation a fait savoir que « certains n'y croient plus, les agriculteurs sont démotivés ».
Proposer des solutions
Jérôme Crozat, le président de la FDSEA de l'Isère a déclaré : « On fait des actions, on propose des solutions qui ne vont pas renverser la vapeur mais qui peuvent faire du bien. Ces mobilisations à destination des sous-préfets, c'est un moyen de faire remonter nos revendications, même si ce ne sont pas eux qui vont signer on le sait. »
Il ajoute : « Le Mercosur doit aussi être ratifié par le parlement européen, le 19 janvier. On a eu un déplacement fort à Bruxelles le 18 décembre. Mais on fait aussi des actions sur notre territoire, pour pouvoir discuter avec nos députés, élus. On aime nos villages, notre pays donc on n'est pas là pour mettre le feu. Ça a été dit par les interlocuteurs présents, syndiqués ou non. »
FV