Le concours départemental d'élevage aura lieu à Saint-Laurent-du-Pont
Ca y est, c'est parti, ou plutôt ça continue. Le concours départemental d'élevage, rendez-vous biennal proposé par l'ensemble de la filière d'élevage iséroise est sur les starting-block. 2013 va constituer sa cinquième édition et la manifestation prend de l'ampleur et se professionalise. « C'est indispensable, confie Jean-Michel Noël-Baron, président de l'association des éleveurs de l'Isère, structure porteuse de l'évènement. On attend pas loin de 200 bovins de toutes les races présentes dans le département, une centaine de moutons, des volailles, le tout accueilli, durant deux jours à Pont-de-Beauvoisin, dans un site magnifique. C'est une vitrine départementale de l'élevage et nous nous devons de l'organiser de manière pro ».
Car le concours, qui motivait le rendez-vous lors de la première édition organisée par Joseph Bezon de Burcin, a acquis « une aura largement au-delà des frontières départementales, souligne, l'oeil pétillant, Jean-Michel Noël-Baron. Autant auprès des professionnels qui viendront de loin pour l'occasion en tant que spectateurs, qu'auprès du grand public pour lequel c'est une occasion d'aller à la rencontre d'une filière longue qui a peu l'occasion de se mettre en avant et de faire parler d'elle ». C'est pour cela que pour soigner son image, que par exemple, les éleveurs qui présentent des bêtes sont sur leur 31. « Nous avons mis un réglement analogue à celui d'un concours régional, voire national », revendique avec fierté le président de l'association. Mais au-delà de l'apparence, une multitude de détails participe à cette rigueur dans la présentation : « Les juges sont de renom, choisis par les Upra, confie l'organisateur. La préparation est minutieuse pour les ordres de passage. Tout est minuté, chacun sait exactement il doit passer, et en coulisses le jour J, nous pilotons finement l'avancée plus ou moins rapide du défilé sur le ring ». Le tout pour une image clean.
« Mais aujourd'hui, le concours n'est plus simplement un concours, clame avec conviction Jean-Michel Noël-Baron. C'est ce qui a motivé et rassemblé les éleveurs lors de la création de cet évènement. Désormais, nous avons senti la nécessité de l'ouvrir à la fois à d'autres composantes agricoles, les producteurs fermiers en l'occurrence, mais aussi sur des problèmes plus sociétaux. Ainsi, il y aura un thème décliné tout au long des deux jours, celui du bois et de son utilisation dans la vie d'un homme, des jouets en bois à la construction ou à l'énergie. Nous voulons donc nous insérer dans l'environnement de la commune d'accueil et adopter une approche de proximité, de terroir, de territoire ». Car pour l'association, cet évènement est une véritable opportunité de communication. « Les filières longues, essentiellement en agriculture conventionnelle, n'ont pas l'occasion de faire parler d'elles comme certines autres. La bio organise un certain nombre d'évènements, les producteurs fermiers ont des marchés de producteurs ou des évènements de plus grande ampleur comme les journées "de fermes en fermes" ou les portes ouvertes Bienvenue à la ferme. Les filières longues, l'élevage en particulier, n'ont pas ce genre d'opportunité. Alors que nous produisons l'essentiel des volumes de l'agriculture départementale, que nous apportons une contribution importante dans l'alimentation quotidienne des consommateurs que nous représentons une large part de la création de richesses alimentaires, nous somme s quasi invisibles ». Il n'y a « pas de concurrence, d'opposition entre toutes les formes de production », mais une complémentarité que les artisans de l'évènement veulent mettre en avant, d'où cette large ouverture. « C'est une grande opération de communication sur l'agriculture, les métiers de ceux qui la font, le rôle de l'éleveur dans le territoire et le paysage et le savoir-faire de chacun qui ne cesse de progresser. La preuve, depuis plusieurs années, l'Isère est régulièrement citée dans les concours d'élevage de différents niveaux ». Les léveurs peuvent en être fiers.
Jean-Marc Emprin