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Tribune

Vers un nouveau sommet...

 Vers un nouveau sommet...

Alors que les agriculteurs de France et d'Europe sont mobilisés depuis le printemps par un combat syndical luttant contre la volatilité des prix et qu'ils attendent maintenant les réponses de Bruxelles pour réformer l'Europe et éviter leur disparition, il est un rendez-vous important qu'il nous faudrait bien ne pas rater.
En effet, dans quelques semaines, se tiendra le sommet mondial auquel le président Hollande est tant attaché. Un sommet pour réfléchir au réchauffement climatique sur notre planète et prendre des orientations ou des décisions qui pourraient être médiatiquement favorables, dans un contexte d'élections régionales et d'un gouvernement qui ne réussit pas à sortir la croissance d'un zéro enlisé.
Alors, soit on en sort avec des pistes de bonnes conduites, des constats, des bonnes pratiques qui feraient de ce sommet un évènement fade et sans consistance, soit la France se porte en leader devant des pays qui s'engageront sur les principes et qu'ils ne respecteront pas.
Autant dire que l'exercice français est compliqué, et bien que la FAO alerte quand même sur le risque d'affamer encore plus la planète en prenant des mesures limitant les productions agricoles, j'entends encore peu de gens se mobiliser sur ce sujet pour éviter le pire !
Rappelons-nous, les Grenelle de l'environnement où chacun tentait de se donner bonne conscience et sans avoir veillé au grain, on en subit encore les conséquences désastreuses pour notre agriculture. La tentation serait grande de relancer la même dynamique, et de passer dans l'ombre de nouvelles contraintes, de nouvelles réglementations que nos agriculteurs et nos entreprises françaises seront encore les seules à devoir appliquer.
Il ne faut jamais critiquer avant de voir, mais notre devoir est d'être vigilant et d'alerter nos élus sur les enjeux de ce sommet qui pourrait bien se préparer en toute discrétion, à l'ombre des manifestations agricoles sans que la profession ne soit ni impliquée, ni consultée. Les grandes annonces de l'automne pourraient alors sonner comme de nouvelles trahisons pour notre économie qui n'a manifestement pas besoin de ça... Et nos agriculteurs en seraient encore les premiers pénalisés... Raison de plus pour rester mobilisés et continuer la résistance dans une société qui les aiment bien, mais qui ne leur fait pas de cadeaux...

Didier Villard